Sur les traces de Céline Dion au Canada
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Céline Dion retrouve la scène parisienne ce samedi, pour son premier véritable concert depuis six ans. Au Québec, ce retour ravive aussi les souvenirs de celle qui a grandi à Charlemagne avant de devenir une star mondiale et remet aussi en lumière la place qu’occupe encore Céline Dion dans la mémoire collective.
« Dans 150 mètres, tourner à droite sur la rue Céline-Dion... », dit le GPS. La chanteuse a son boulevard à Charlemagne, où elle a grandi. Mais pour retrouver les lieux de son enfance, il faut davantage d’imagination. Sa maison natale a été démolie. Le bar voisin où elle chantait déjà devant un public à huit ou neuf ans, a lui aussi disparu.
« Comme vous voyez, maintenant, c’est un stationnement vide », présente Sylvain Crévier, maire suppléant, fait la visite. « C'est juste à côté que la famille Dion a élevé ses 14 enfants et fait de nombreuses soirées festives et musicales. Et puis, c'est la rivière. Donc, elle a été bercée par le son des grenouilles de nombreuses soirées chaudes d'été », ajoute-t-il.
Depuis, le décor bucolique a laissé place à la banlieue. Et au bruit des voitures sur le boulevard Céline-Dion. Du moins, c’est comme ça que tout le monde l’appelle. « Selon les règles québécoises, pour donner un nom à un boulevard, il faut être décédé, donc ils ne l'ont pas permis. Mais on en est très fiers, donc on le fait pareil. Et puis Google Maps l'a enregistré. Donc, c'est un fait maintenant », affirme-t-il.
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Le boulevard rejoint l’autoroute. Trente kilomètres plus loin, à Montréal, une robe blanche se détache dans la pénombre du musée McCord Stewart. Celle que Céline Dion portait aux Jeux olympiques de Paris 2024. Sur les écrans, sa prestation repasse en boucle. « C’est assez émouvant de voir ça », précise Lucie. Pour elle, la robe compte moins que ce qu’elle lui rappelle : le retour de Céline sur scène. « Ça donne la chair de poule. C’est la patrimonialisation, en quelque sorte, d’un moment incroyable. C’est tout ce qui nous émeut aussi », explique-t-elle. Devant la vitrine, une autre visiteuse essuie ses yeux. « J’ai versé quelques larmes de joie, de bonheur, d’émotion », reconnaît-elle.
Les lieux qui racontent Céline Dion sont rares au Québec, rappelle Lorraine. À ses côtés, sa famille n’y voit pourtant pas un manque. « On la vénère pour son talent, on n’a pas besoin de monument. La planète est à ses pieds. […] Céline Dion dans cette robe-là, c’est un monument en elle-même. C’est elle-même, sa personnalité, sa voix. Juste de l’entendre. C’est un tout. C’est vraiment sublime », raconte un membre de la famille.
À Charlemagne pourtant, certains voudraient lui faire davantage de place. « Ça revient souvent dans les consultations citoyennes que la ville fasse quelque chose pour dire que c’est le lieu de naissance de Céline », souligne un habitant. Car les lieux se sont effacés. Pas la curiosité. « Il y a encore beaucoup de touristes qui arrivent ici à Charlemagne pour voir où est-ce qu'elle a été élevée, donc c'est bizarre », s'étonne-t-il. Plusieurs idées sont à l’étude, dit le maire, mais rien ne sera décidé sans l’accord de la famille Dion.
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