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Télécoms : Deux câbles sous-marins relient Haïti au monde. La République dominicaine, elle, en a au moins quatre

Sous la mer des Caraïbes, à quelques kilomètres des côtes de Montrouis, passent les deux seuls fils physiques qui relient Haïti au reste d’internet mondial. Deux câbles pour tout un pays. La République dominicaine voisine, qui partage pourtant la même île, en compte six. Cette asymétrie,

Télécoms : Deux câbles sous-marins relient Haïti au monde. La République dominicaine, elle, en a au moins quatre
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2 septembre 2026
Télécoms : Deux câbles sous-marins relient Haïti au monde. La République dominicaine, elle, en a au moins quatre
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Télécoms : Deux câbles sous-marins relient Haïti au monde. La République dominicaine, elle, en a au moins quatre

  • by Rezo Nodwes
  • 2 septembre 2026
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Sous la mer des Caraïbes, à quelques kilomètres des côtes de Montrouis, passent les deux seuls fils physiques qui relient Haïti au reste d’internet mondial. Deux câbles pour tout un pays. La République dominicaine voisine, qui partage pourtant la même île, en compte six. Cette asymétrie, rarement discutée publiquement, dit beaucoup de la fragilité numérique structurelle d’Haïti, bien au-delà des pannes de fibre déjà documentées dans cette rubrique à propos des attaques de gangs.

Haïti est desservie par deux réseaux de fibre optique sous-marine appartenant tous deux à la société de communication C&W Networks. BDSNi, ou Bahamas Domestic Submarine Network international, relie les Bahamas et fournit une connectivité à Haïti via une connexion de dérivation. Fibralink complète ce dispositif. Les deux réseaux permettent de connecter le monde à la région de Port-au-Prince en passant par la zone de Montrouis, sur la côte des Arcadins.

Le réseau protégé de C&W Networks s’étend en réalité sur plus de 50 000 kilomètres et relie plus de quarante pays. Mais pour Haïti spécifiquement, l’accès à cette infrastructure mondiale ne repose que sur ces deux points de connexion, tous deux gérés par le même opérateur. Une panne majeure touchant simultanément ces deux câbles, un scénario que d’autres pays ont déjà connu, isolerait potentiellement l’ensemble du pays d’internet.

Cette dépendance n’a rien d’une fatalité géographique. Le premier projet de câble sous-marin reliant directement Haïti avait pourtant été lancé dès 2005, porté par la compagnie publique Téléco. Ce projet, resté en gestation pendant des années, visait déjà à apporter internet à haute vitesse dans des conditions plus abordables que celles offertes, à l’époque, par un transit obligé via la République dominicaine. Son avancement laborieux illustre une difficulté récurrente déjà documentée dans cette rubrique à propos d’autres grands chantiers d’infrastructure haïtiens. Une ambition technologique affichée tôt, mais dont la concrétisation complète prend des années, voire des décennies.

Ce retard structurel se creuse davantage à mesure que la région investit massivement dans de nouvelles infrastructures sous-marines. Aux Antilles françaises, le câble CaribbeanConnect, mis en service progressivement depuis 2025, offre une capacité de 300 gigabits par seconde et doit s’accompagner, dès 2026, de nouveaux centres de données et de services d’hébergement local. Le directeur général de Canal+ Télécom, à l’origine de ce projet, décrit cette infrastructure comme la voie ferrée sous-marine indispensable pour rester connecté au reste du monde, une image qui illustre bien ce qu’un pays perd lorsqu’il ne dispose que d’une connexion minimale à ce réseau mondial.

Cette dynamique régionale rappelle un précédent historique éclairant. Le Cap-Haïtien a longtemps hébergé, au XIXe siècle, l’un des tout premiers câbles transatlantiques de communication reliant l’Europe et les Amériques, une position stratégique aujourd’hui largement oubliée. Haïti, pionnier historique de la câblerie sous-marine dans la région, se retrouve aujourd’hui parmi les pays les moins connectés physiquement au réseau mondial.

L’actualité internationale rappelle régulièrement la fragilité de ce type d’infrastructure. En Côte d’Ivoire, la coupure simultanée de plusieurs câbles sous-marins en mars 2024 avait privé des dizaines de millions d’abonnés d’un accès normal à internet pendant plusieurs semaines, le temps que les réparations en haute mer soient effectuées. Un tel scénario, transposé au contexte haïtien où seuls deux câbles assurent l’ensemble de la connectivité internationale du pays, aurait des conséquences potentiellement plus lourdes encore, dans un pays déjà fragilisé par les coupures de fibre terrestre documentées dans une précédente édition de cette rubrique.

Un point de vulnérabilité rarement discuté publiquement. La dépendance à seulement deux câbles, gérés par un unique opérateur, constitue un risque structurel pour la connectivité nationale, largement éclipsé dans le débat public par des enjeux plus visibles comme les coupures liées à l’insécurité.

Un besoin de diversification des infrastructures internationales. À l’image des investissements récents observés ailleurs dans la Caraïbe, un nouveau câble sous-marin ou une redondance accrue réduirait significativement le risque d’isolement numérique complet du pays en cas d’incident majeur.

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