La jeune femme dort du sommeil du juste, paisible et profond. Soudain, elle se redresse sur son lit, yeux grands ouverts, et se met à hurler. Puis elle peigne frénétiquement ses longs cheveux avec ses mains, hagarde, comme pour en chasser d’affreuses bêtes.
« C’est un épisode de terreur nocturne caractérisée », explique Isabelle Arnulf, cheffe du service des pathologies du sommeil de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. C’est ici qu’a été filmée, il y a quelques années, cette scène en noir et blanc. Un enregistrement du sommeil qui permet de suivre de nombreux paramètres physiologiques : activités cardiaque, respiratoire et musculaire, mouvements des yeux…
« Ces terreurs surviennent de façon très brutale, toujours au sortir d’une phase de sommeil lent profond, dans les premières heures de la nuit », précise la neurologue. Elles s’accompagnent souvent de hurlements, et parfois de déambulations. Mais elles se distinguent d’un épisode de somnambulisme typique, où les patients errent calmement. « Elles sont précédées d’une stimulation adrénergique intense », dit-elle, un processus archaïque qui s’active automatiquement en cas de danger imminent, pour favoriser la fuite. Juste avant un épisode de terreur, en effet, les personnes présentent une accélération cardiaque intense, une vasoconstriction, des pupilles dilatées…
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