“À Overasselt, les violences liées au trafic de drogue atteignent un niveau inédit”, annonce NRC à sa une, ce mercredi 2 septembre. Deux jours plus tôt, dans la nuit de lundi à mardi, poursuit le journal de référence, cette petite localité de l’est des Pays-Bas a connu un épisode de “violence inédit aux Pays-Bas, tant par son ampleur et son intensité que par sa brutalité”. S’il a pu se produire, c’est que “la criminalité liée au trafic de drogue est de plus en plus imbriquée dans la vie quotidienne”.
Très tôt, mardi 1er septembre, raconte NRC sur la base d’images de vidéosurveillance qu’il a pu vérifier, “des dizaines d’hommes marchent tranquillement sur un chemin de ce village de la province de Gueldre. Ils portent des survêtements, des cagoules et des écharpes qui leur couvrent le visage et certains sont armés de fusils ou de pistolets”.
Ensuite, “tout se passe très vite. Quelques coups de feu, des éclairs dans la nuit noire […]. Une minute plus tard, ils sont sortis du cadre”. Un homme de 51 ans, qui montait la garde devant une maison, est retrouvé mort. Appelée sur place, la police essuie des coups de feu qui laissent deux agents blessés.
Vaste opération de police
D’après des informations du quotidien amstellodamois Het Parool, relayées par NRC, “cette fusillade est liée à l’interception de 812 kilos de drogue. Elle était en train d’être acheminée vers les Pays-Bas lorsque le camion qui la transportait a été arrêté à la frontière franco-espagnole samedi.” Selon le journal, le but de cette “expédition” était de “s’expliquer avec l’intermédiaire qui était responsable du transport et de chercher une partie de la drogue qui aurait disparu”.
“Une gigantesque opération de police” s’en est suivie, souligne NRC. Le village a été fermé par des agents lourdement armés, “tandis que d’autres agents fouillaient les champs de maïs et les jardins à la recherche des malfaiteurs. Des hélicoptères survolaient la commune. Des coups de feu ont retenti, tirés par des agents qui voulaient avertir les malfrats. On a aussi vu de la fumée s’élever des champs de maïs, où la police a lancé des bombes de fumée pour les faire fuir”.
La police a annoncé que 34 personnes avaient été arrêtées, de nationalités néerlandaise, française, belge et algérienne, et que la situation ne présentait plus de menace pour les habitants, indique le média public NOS. Jusqu’à mardi soir, ils avaient été appelés à rester chez eux.
Moment de bascule
La violence de ces événements rappelle à NRC le double assassinat à l’arme de guerre survenu en 2012 à Amsterdam. “Date qui a marqué le moment où une nouvelle génération de trafiquants de drogue s’est montrée au grand jour : plus durs, plus brutaux et plus insouciants vis-à-vis du monde extérieur” ainsi que des éventuels dégâts collatéraux.
Depuis lors, l’augmentation en Europe de la consommation de cocaïne – dont le port de Rotterdam est l’un des principaux points d’entrée – s’est accompagnée de menaces, de règlements de comptes sanglants entre trafiquants et d’assassinats ciblés. La presse relaie aussi des explosions dans des laboratoires clandestins où l’on confectionne de la drogue synthétique, et se demande périodiquement si le pays mérite le qualificatif de “narco-État”. Que le ministre de la Justice a encore réfuté ce 1er septembre.
Anvers et Rotterdam, points d’entrée du marché européen de la cocaïne
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