En ce mercredi 6 mai au matin, la Côte est des Etats-Unis dort encore. Mais un tradeur est manifestement bien réveillé. A 3 h 40, plus de 10 000 contrats portant sur la vente future de barils de pétrole sont échangés, pour une valeur totale de 920 millions de dollars (près de 800 millions d’euros). Une heure et dix minutes plus tard, le média en ligne Axios, révèle qu’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran pour mettre fin au conflit est sur la table. Le cours du brut perd 12 % en quelques minutes. Le gain potentiel pour ce tradeur bien matinal ? Cent vingt-cinq millions de dollars, selon la lettre d’information financière Kobeissi, qui a révélé l’existence de ces transactions aux horaires et aux montants très inhabituels.
Il existe deux explications possibles : soit le tradeur en question, dont on ne connaît pas l’identité, a été touché par la grâce au milieu de la nuit ; soit il a bénéficié d’informations privilégiées sur l’avancée des négociations et sur le timing de l’annonce dans la presse. Le problème, c’est qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé. Des transactions similaires ont été observées à chacun des (nombreux) revirements surprises de Donald Trump depuis le début de la guerre.
Selon Reuters, qui a mené un travail de récolement, les transactions suspectes sur les marchés pétroliers s’élèveraient à 7 milliards de dollars depuis le déclenchement du conflit, le 28 février, avec des gains potentiels de plusieurs centaines de millions de dollars. Sur des marchés où s’échangent des dizaines de milliards, ce ne sont pas les sommes en jeu qui sont essentielles dans cette histoire, mais la répétition de ce type de schéma, qui fragilise le fonctionnement même du système. Les contrats à terme en question sont un outil de sécurisation contre le risque. Ils permettent aux producteurs de pétrole et aux gros acheteurs (comme les compagnies aériennes) de se prémunir contre de futures variations des cours, et donc de bénéficier d’une prédictibilité sur leurs revenus et leurs dépenses.
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