Après plusieurs jours d’escalade, la situation semblait relativement calme vendredi en Iran et dans le détroit d’Ormuz, alors que de nouvelles négociations entre Téhéran et Washington et doivent se tenir samedi à Oman.

“La République islamique d’Iran nous a demandé de continuer “les discussions”. Nous avons accepté de le faire, mais les États-Unis leur ont signifié, en des termes sans équivoque, que le cessez-le-feu était TERMINÉ ! ”, a écrit vendredi Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Le cessez-le-feu, renouvelé le 17 juin lors de la signature du protocole d’accord entre l’Iran et les États-Unis, a été mis à mal cette semaine, avec la reprise des hostilités entre les deux belligérants. Le président américain avait annoncé une première fois mercredi la fin de la trêve – assortie de violentes insultes à l’égard des dirigeants iraniens – sans pour autant complètement fermer la porte aux négociations.

Selon Middle East Eye, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, s’est empressé de préciser vendredi que Téhéran “n’avait pas réclamé de négociations aux États-Unis” mais avait accepté “une visite du médiateur qatari en Iran”.

Les deux parties ont en outre précisé qu’elles enverraient des délégations à Oman samedi pour reprendre les négociations.

Faction « dissidente »

“Selon les analystes, la région se trouve désormais dans une situation intermédiaire entre guerre et paix, les deux parties ne parvenant pas à s’entendre sur l’interprétation d’un protocole d’accord aux termes imprécis”, observe The Washington Post. Et sans suprise, “le principal point de discorde” concerne une fois encore le contrôle du détroit d’Ormuz.

De fait, la reprise des hostilités est intervenue après des frappes iraniennes contre trois navires qui traversaient le détroit, déclenchant une réponse musclée de Washington, puis des représailles de Téhéran contre des bases militaires au Koweït et à Bahreïn.

Selon The New York Times, les forces américaines ont frappé “plus de 170 cibles militaires iraniennes mardi et mercredi”, soit “l’une des vagues de frappes les plus intenses depuis le début de la guerre, il y a plus de quatre mois”.

Vendredi, des responsables iraniens auraient “indiqué en privé à des conseillers de Trump qu’ils avaient commis une erreur en tirant sur des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz” et que ces attaques “étaient le fait d’une faction “dissidente” de partisans de la ligne dure cherchant à saboter les négociations”, ont confié à CBS News de hauts responsables américains.

Selon ces mêmes responsables, la délégation américaine exigera samedi à Oman “que l’Iran publie une déclaration affirmant que le détroit est ouvert et qu’il cessera de tirer sur les navires commerciaux”, et qu’il reconnaisse “publiquement que les tirs visant les navires constituaient une erreur”, selon la BBC.

« Faiblesse » américaine

Mais Washington a déjà commencé à braquer Téhéran, en annonçant vendredi un nouveau train de sanctions contre la République islamique, que les autorités considèrent comme une violation du protocole d’accord.

“Jusqu’à présent, l’Iran a tenu parole”, a soutenu sur X le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi. “Cette violation s’ajoute à d’autres violations et faux pas commis par les États-Unis. Regardons les choses en face : il ne peut y avoir de respect que lorsqu’il est mutuel”, a-t-il ajouté.

Pour Harlan Ullman, ancien officier supérieur de la marine américaine et président du cabinet de conseil Killowen Group, l’Iran considère comme une “faiblesse” les propos “incohérents” de Donald Trump sur les négociations entre Washington et Téhéran.

Les autorités de Téhéran “ont entendu Donald Trump, lors du sommet de l’Otan à Ankara cette semaine : cette sortie où il déclarait abandonner le protocole d’accord – affirmant qu’il n’était plus valable et que le cessez-le-feu était rompu – tout en accablant les dirigeants iraniens de toutes les insultes possibles”, déclare-t-il à Al-Jazeera.

“Et pourtant, parallèlement, on voit les États-Unis presque supplier l’Iran de signer un document attestant que le détroit est ouvert”, relève-t-il. Pour Téhéran, cela dénote “une faiblesse de la part des États-Unis et une absence de politique définie”.