Un député tunisien, Ahmed Saïdani, condamné en février à huit mois de prison pour avoir critiqué sur les réseaux sociaux le président Kaïs Saïed, a été libéré mardi 26 mai, en vertu d’une grâce présidentielle, a déclaré son avocat, Me Houssem Eddine Ben Attia, à l’Agence France-Presse (AFP).
Peu connu du grand public, Ahmed Saïdani est sorti de prison, faisant partie des détenus graciés par le président de la République à l’occasion de la fête musulmane de l’Aïd el-Adha, a précisé l’avocat. L’Aïd sera célébré mercredi en Tunisie.
Il avait été arrêté en février puis condamné à huit mois de prison pour avoir « porté atteinte à autrui via les réseaux sociaux », rappelle son avocat.
Membre du bloc parlementaire de la « Ligne nationale souveraine », il avait commenté sur Facebook les déplacements du président Saïed dans des villes sinistrées par des pluies inédites depuis soixante-dix ans. Il avait alors qualifié le président de « commandant suprême de l’assainissement et de l’évacuation des eaux pluviales ».
Régression des libertés
M. Saïdani avait soutenu le coup de force de Kaïs Saïed pendant l’été 2021 et approuvé la condamnation et la mise en détention des principales figures de l’opposition.
Plusieurs ONG tunisiennes et internationales dénoncent une régression des droits et des libertés dans le pays depuis juillet 2021, lorsque M. Saïed a limogé son premier ministre et suspendu le Parlement avant de faire élire un Parlement aux pouvoirs fortement restreints.
Plusieurs figures médiatiques sont en détention pour des publications et des déclarations sur les réseaux sociaux et dans des médias.