Devant l’auditorium de la Via della Conciliazione, à Rome, le soleil brûlant se réverbère à pic sur les dalles de marbre blanc. Sourire éclatant, teint hâlé, haute stature et tempes rasées de près, le général fait son arrivée, frais et dispos, sans une goutte de sueur. L’homme ne marche pas, il fend la foule d’un pas svelte et aérien, l’habitude, lance-t-il, “de porter un sac à dos de quarante kilos sur les épaules, cinq ans en zone de combat !” Mi-parachutiste, mi-leader politique. Tel est le profil du nouveau commandant de l’extrême droite dure et authentique. Celle qui donne des sueurs froides à la droite de gouvernement italienne.
Vannacci est venu ouvrir l’assemblée constituante de son nouveau parti, Futuro Nazionale, déjà crédité de 5 % dans les sondages. Un phénomène pour le moment hors de contrôle et difficile à évaluer, mais tout de même fort de quelques chiffres. Le parti revendique déjà le ralliement de huit parlementaires et de plus de 100 000 adhérents. “Mon armée”, clame, menaçant, le général. L’euphorie gronde.
“Les rebuts et les moins-que-rien de la politique”
Les représentants accrédités passent derrière les barrières. Et pour les journalistes, c’est par où ? Quelqu’un se retourne, l’air dédaigneux : “Derrière l’auditorium.” Une entrée secondaire, parce que les
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