Durant plus de six cents ans, une chambre funéraire de la civilisation pré-inca chimú est restée préservée des pilleurs de tombes et autres chasseurs de trésors qui ont fait tant de mal à l’archéologie du Pérou. Située au sein de l’enceinte fortifiée d’Utzh An (anciennement Gran Chimú), à Chan Chan, la plus grande cité en pisé d’Amérique précolombienne, l’entrée de cette tombe était bouchée “par une masse de pierre compacte”, explique El País América.

Sous celle-ci, les archéologues péruviens ont découvert un petit escalier d’accès menant à une plateforme pyramidale en pisé de 17 mètres de côté et de 5 mètres de hauteur, au centre de laquelle se trouvaient une chambre principale et un vestibule. À l’intérieur, le corps d’un haut dignitaire chimú – un noble ou un ancêtre vénéré, reconnaissable notamment aux pigments rouges dont il a été recouvert – et ceux de 37 autres personnes étaient disposés dans les pièces, entourés d’armes en métal, d’objets en cuivre et en or et de perles de spondyle, un coquillage utilisé comme ornement.

Possibles rituels sacrificiels

C’est “un cas exceptionnel, s’enthousiasme le média local La Primera. Toutes les tombes comparables connues jusqu’à présent avaient été pillées ou altérées depuis l’époque coloniale, ce qui empêchait de reconstituer avec précision les rites funéraires de la noblesse chimú.”

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La civilisation chimú s’est développée sur la côte nord du Pérou entre les années 900 et 1470, date approximative à laquelle la région a été conquise par les Incas. Chan Chan, qui s’étend sur environ 20 km2 et se compose de dix grands ensembles fortifiés, était son centre politique et aurait abrité jusqu’à 30 000 personnes, précise La Primera. En 1986, l’Unesco a inscrit le site sur la Liste du patrimoine mondial en péril, du fait des menaces de pillages mais aussi d’inondations pesant sur le site.

La découverte, annoncée le 8 septembre par le ministère de la Culture péruvien, constitue “l’un des faits les plus marquants de la huitième saison de fouilles dans la citadelle de Chan Chan”, souligne la chaîne de radio publique péruvienne Radio Nacional.

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Le ministre de la Culture, Alberto Beingolea Delgado, a souligné que les indices découverts soulèvent de nouvelles questions, notamment sur la possibilité que certaines personnes aient pris part à des rituels sacrificiels. “Après être restée cachée pendant plus de six cents ans, la tombe commence à peine à révéler son histoire”, en conclut La Primera.

Une fois tous les restes exhumés par l’équipe d’experts composée d’une centaine d’archéologues, topographes, conservateurs, photographes, ingénieurs civils et ouvriers péruviens, les analyses anthropométriques, botaniques et autres commenceront dans des laboratoires nationaux et étrangers, précise Radio Nacional.

La chambre funéraire devra, quant à elle, être refermée avant les fortes pluies attendues en novembre. “Les archéologues travaillent contre la montre”, assure El País América.