“Un homme de 70 ans a été arrêté avec une cargaison de plus de 130 kilos de cannabis” dans la région de l’Ouest, au Cameroun, relatait en novembre 2025 le site AfricaPress. “Deux vieux dealeurs de 65 ans et 70 ans arrêtés pour trafic de drogue”, titrait en août 2020 le site d’information sénégalais Seneweb. Au Nigeria, une arrière-grand-mère de 101 ans a été interpellée le 23 août dans le cadre du démantèlement d’un réseau de trafic de cocaïne, indique quant à elle la BBC.

S’emparant de ces faits divers épars, l’Institut d’études de sécurité (ISS Africa) s’interroge sur cette représentation croissante des personnes âgées dans le narcotrafic, dans une analyse consacrée à ces “suspects inhabituels” (unusual suspects, en anglais).

Selon l’Agence nationale nigériane de lutte contre la drogue (NDLEA), il ne s’agit pas de cas isolés. Son responsable de la communication, Femi Babafemi, indique à ISS Africa que les interpellations de personnes âgées de 60 à 101 ans, qui se chiffrent à 32 depuis le mois de janvier, “reflètent déjà un schéma systémique plutôt qu’un événement aléatoire”.

Il y a aussi des femmes parmi ces trafiquants retraités, qui “ne correspondent pas au profil type des délinquants habituels, généralement jeunes”. Et au Nigeria, leur implication fait écho au ciblage qu’op