Jamais un dirigeant non européen n’avait été invité au Parlement de Strasbourg pour assister au traditionnel discours sur l’état de l’Union européenne (UE). Mercredi 16 septembre, le premier ministre canadien, Mark Carney, a eu droit à un traitement de faveur, installé dans l’hémicycle strasbourgeois, à l’invitation de la présidente de la Commission, pendant qu’Ursula von der Leyen présentait ses priorités devant les eurodéputés. Pour l’occasion, elle a annoncé sa volonté d’œuvrer « à la possibilité pour le Canada de devenir le premier membre associé de l’UE », évoquant un statut d’exception qui n’a aujourd’hui aucune existence juridique et qui reste à inventer.
D’un coup, d’un seul, l’ex-ministre d’Angela Merkel a fait oublier son dernier raté diplomatique. Elle devait en effet rentrer à Bruxelles, sans assister au discours de Mark Carney devant les eurodéputés, prévu jeudi à Strasbourg. Très critiquée pour cette impolitesse, elle a donc fini par faire machine arrière.
Dans l’hémicycle, sa proposition a été saluée par un tonnerre d’applaudissements de la majorité des eurodéputés. Car, pour la majorité dite « von der Leyen », qui rassemble les groupes politiques des libéraux, des sociaux-démocrates et des conservateurs du Parti populaire européen, Mark Carney est devenu en moins d’un an un véritable héros, leur « rock star ». Celui qui a su résister à Donald Trump, quand la présidente de la Commisison, elle, a salué, d’un pouce levé, l’accord commercial déséquilibré qu’elle venait de conclure avec le président américain sur le golf de Turnberry (Ecosse), le 27 juillet 2025.
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