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Venezuela : après les secours d’urgence, le long chemin de la reconstruction

Trois semaines après les puissants séismes qui ont frappé Caracas et la côte nord du Venezuela, l’urgence change de visage. Les équipes de secours achèvent progressivement les opérations de recherche dans les décombres. Les survivants, eux, doivent désormais retrouver un toit, un revenu e

Venezuela : après les secours d’urgence, le long chemin de la reconstruction
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Venezuela : après les secours d’urgence, le long chemin de la reconstruction

Aide humanitaire

Trois semaines après les puissants séismes qui ont frappé Caracas et la côte nord du Venezuela, l’urgence change de visage. Les équipes de secours achèvent progressivement les opérations de recherche dans les décombres. Les survivants, eux, doivent désormais retrouver un toit, un revenu et une vie normale.

Selon les Nations Unies, les deux tremblements de terre survenus le 24 juin ont fait plus de 3 500 morts et au moins 16 740 blessés. Plus de 6 400 personnes ont été extraites vivantes des ruines. Mais derrière ce bilan humain déjà considérable se dessine une crise plus durable, celle du déplacement de populations et de la reconstruction de régions entières.

« Les besoins humanitaires restent considérables », a averti jeudi Lia Poggio, cheffe de mission de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Venezuela, lors d’une conférence de presse depuis Caracas. Des milliers de personnes demeurent déplacées tandis que les logements, centres de santé, ressources hydriques et autres infrastructures essentielles ont été endommagés ou détruits.

Face à cette situation, l’OIM a lancé un appel de fonds destiné à financer sa réponse au cours des 12 prochains mois. L’agence onusienne entend poursuivre l’aide d’urgence tout en accompagnant les premières étapes de la reconstruction.

Du sauvetage à la reconstruction

Dans les jours qui ont suivi la catastrophe, l’effort international s’est concentré sur les opérations de secours et l’assistance immédiate aux sinistrés. Trois semaines plus tard, les priorités évoluent.

L’OIM estime que l’enjeu principal est désormais d’éviter que les déplacements provoqués par les séismes ne s’installent dans la durée. L’organisation souhaite développer des solutions de logement, rétablir l’accès aux services essentiels et soutenir la reprise des activités économiques locales.

« La réponse s’oriente de plus en plus vers le relèvement précoce », a expliqué Mme Poggio. « Soutenir les solutions de logement, restaurer les infrastructures essentielles, reconstruire les moyens de subsistance et réduire le risque de déplacements prolongés seront déterminants ».

Depuis le début de la crise, l’organisation affirme avoir apporté une assistance à près de 7 000 personnes vivant dans des sites de déplacement et fourni plus de 10 000 services, allant de l’hébergement temporaire aux soins de santé, en passant par le soutien psychosocial et les services de protection.

Une catastrophe au-delà des capacités nationales

Les responsables de l’ONU ont également insisté sur la nécessité d’une coopération étroite avec les autorités vénézuéliennes.

« Aucun pays n’est capable de répondre seul et rapidement à un tremblement de terre ou à une catastrophe naturelle de cette ampleur », a souligné Mme Poggio.

Son collègue Lucas Guedes Hackradt, responsable de la réduction des risques de catastrophe à l’OIM, a rappelé que le Venezuela avait été frappé non pas par un, mais par deux séismes de magnitude 7,6 et 7,4. « Aussi préparé qu’un gouvernement puisse être, cela ne sera jamais suffisant face à un tel niveau de destruction », a-t-il déclaré.

Selon lui, la coordination entre les autorités vénézuéliennes, les agences de l’ONU et les organisations humanitaires a permis de déployer rapidement une réponse dans les zones sinistrées. Les équipes humanitaires se sont mobilisées dès le lendemain des secousses afin d’atteindre les populations les plus touchées.

Le risque de l’oubli

Au-delà de l’urgence immédiate, les responsables humanitaires redoutent désormais un autre phénomène, fréquent après les grandes catastrophes : la disparition progressive de l’attention internationale.

« Les besoins créés par cette catastrophe ne disparaîtront pas lorsque l’attention se portera ailleurs », a averti Mme Poggio.

Le défi s’annonce considérable. Dans l’État côtier de La Guaira, le plus durement touché, comme dans plusieurs régions voisines, des milliers de familles restent confrontées à l’incertitude. Certaines ont perdu leur logement. D’autres vivent encore dans des hébergements collectifs ou dépendent d’une aide extérieure pour satisfaire leurs besoins les plus élémentaires.

Trois semaines après les secousses, le temps des sauveteurs cède progressivement la place à celui des bâtisseurs. Une transition moins spectaculaire que les opérations de recherche dans les décombres, mais dont dépendra l’avenir de dizaines de milliers de survivants.

Trois semaines après les secousses, le Venezuela est ainsi entré dans une nouvelle phase de la catastrophe : un long chantier de reconstruction.

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