Où doivent être jugés les djihadistes français qui ont combattu en Irak ou en Syrie dans les rangs de l’organisation Etat islamique ? Pour ceux qui sont rentrés spontanément en France ou qui ont été arrêtés, la question ne se pose pas : ils sont systématiquement renvoyés devant la cour d’assises spéciale de Paris. Mais le sort d’une soixantaine d’entre eux, discrètement transférés des camps administrés par les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie vers la prison centrale d’Al-Karkh, en Irak, fait l’objet depuis plusieurs mois d’une âpre bataille juridique.
Le gouvernement français refuse de les rapatrier, arguant que l’Irak est un pays souverain à même de les juger sur le territoire où ont été commis les crimes qui leur sont reprochés. Onze d’entre eux, transférés en Irak en 2018, ont été condamnés l’année suivante, au terme de procès expéditifs, à la peine de mort, commuée par la suite en prison à vie. En juillet 2025, puis début 2026, une cinquantaine d’hommes – parmi lesquels trois jeunes majeurs qui étaient mineurs au moment des faits – ont à leur tour été transférés en Irak, où ils attendent leur procès.
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