Le pilote indien Smit Machchhar, poignardé, mercredi, par son copilote à bord d’un vol Flydubai à destination d’Israël, a affirmé, vendredi 2 octobre, au premier ministre indien, Narendra Modi, avoir agi pour protéger les passagers en parvenant, dans « un ultime effort », à ouvrir la cabine de pilotage.
« J’essayais de sauver ma vie, mais je savais que je ne pouvais pas laisser toutes ces personnes mourir », a déclaré M. Machchhar, sur son lit d’hôpital, lors d’un appel avec M. Modi, dont les services ont relayé la vidéo sur les réseaux sociaux.
L’avion reliait Dubaï à Tel-Aviv avec 174 personnes à bord, dont 166 Israéliens, selon les médias, lorsque l’affrontement a eu lieu.
M. Machchhar, pilote depuis dix-sept ans et commandant de bord depuis onze ans, a raconté comment il s’était aperçu, alors qu’il gisait blessé, que l’appareil était en train de chuter et comment il avait réagi au prix d’un ultime effort. « J’avais (…) tellement de blessures que je m’étais effondré. C’est alors que j’ai senti que l’avion était en train de chuter. Je savais que c’était ma dernière chance et que la porte était juste là, a-t-il raconté. Je recevais encore des coups à ce moment-là, mais j’ai simplement ouvert la porte, et tout le monde est entré. »
M. Machchhar a expliqué que ses années d’expérience lui avaient permis de comprendre ce qu’il se passait, malgré ses blessures.
« Immense courage »
Les circonstances exactes de l’affrontement entre les deux pilotes font l’objet d’une enquête. D’après le récit de voyageurs, le copilote a poignardé le commandant de bord pour faire s’écraser l’avion, provoquant une soudaine perte d’altitude, avant que des passagers se ruent dans le cockpit pour maîtriser l’agresseur. L’avion a soudainement piqué du nez, perdant environ 17 000 pieds d’altitude en l’espace d’une minute, selon le site Flightradar24. Il a finalement effectué un atterrissage d’urgence en Arabie saoudite.
M. Modi a estimé que l’« immense courage » du pilote avait permis de sauver des centaines de vies et d’éviter « une grande tragédie ». Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a, lui aussi, salué son « courage extraordinaire » et le fait qu’il ait ainsi « évité une catastrophe en plein vol ».
Si la compagnie émiratie a appelé à « s’abstenir de toute spéculation prématurée », les autorités israéliennes ont parlé de « tentative d’attaque terroriste djihadiste », visant notamment les Emirats arabes unis et les accords d’Abraham, qui ont vu la normalisation des relations entre les deux pays, en 2020.
S’exprimant pour la première fois à propos de cette affaire, les autorités saoudiennes ont confirmé, jeudi, que le copilote avait attaqué son collègue au cours du vol, sans donner plus d’informations quant à ses motifs. Elles ont précisé que le suspect avait été transféré aux Emirats arabes unis.
Jeudi, le premier ministre israélien a affirmé que le pilote « avait subi un endoctrinement islamiste radical », et qu’il « était suicidaire ». Selon M. Nétanyahou, « il a crié “tuez-moi ! tuez-moi !” », et « il est clair qu’il comptait faire s’écraser l’avion ».