Paroles d'Afghanes
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Épisode 1/6
Épisode 2/6
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L’épisode 4 sera disponible prochainement.
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« Vous n’imaginez pas comme les Afghanes se battent et inventent des stratégies pour survivre » : une radio féminine et des écoles clandestines comme lueurs d’espoir
Par Annick Cojean (Kaboul, envoyée spéciale)Reportage« Paroles d’Afghanes » (3/6). « Faite par des femmes pour les femmes », Radio Begum est pour nombre d’Afghanes leur unique lien avec l’extérieur. Parallèlement, les initiatives foisonnent pour assouvir la soif d’apprendre des jeunes filles privées de cours par le régime taliban.
Radio Begum, « radio faite par des femmes pour les femmes », est une sorte d’aberration en terre talibane. Ou alors un miracle… Car on peine à imaginer qu’un régime aussi autoritaire et hostile aux femmes puisse accepter sans sourciller un média qui revendique comme unique préoccupation de leur faire du bien, de leur donner confiance, de veiller à leur éducation, leur santé, leur quiétude, de leur offrir quelques clés pour s’émanciper économiquement, des conseils pour s’épanouir (et ne pas se suicider) et même, oui, de leur prodiguer une certaine instruction religieuse. Attention ! Un enseignement fait par des expertes du Coran, doctorantes en sciences islamiques, qui, choisissant méticuleusement les versets et sourates lus à l’antenne, révèlent que le Prophète encourageait l’éducation des filles et que son épouse était une femme d’affaires.
Aberration, vous dis-je. Et petit signe d’espoir. Quelques talibans éclairés auraient-ils compris que dans un environnement qui ligote et bâillonne les femmes, il n’était pas inutile de leur permettre d’entrevoir un coin de ciel et quelques raisons de ne pas sombrer ?
Débarquer dans les locaux de la radio, invisible de la rue car entourée de murs protégeant un jardin et un bâtiment lumineux aux allures de loft, est un baume pour l’humeur. Car la capitale afghane n’est guère souriante. Il règne dans les rues une espèce de gravité contrainte, même au marché, même au bazar, même dans le regard des jeunes hommes qui se donnent de grandes bourrades, jusque dans la posture de ce vieil Hazara à barbe blanche qui manque de se faire écraser, une cage d’oiseau à la main.
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