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Voyage familial au Vatican : Comment Fils-Aimé externalise la crise haïtienne

La tournée au Vatican n’est pas illégitime en soi. Obtenir du soutien moral est utile. Mais elle devient contre-productive lorsqu’elle sert de substitut à l’action interne, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’un déplacement familial et protocolaire coûteux. Une solution durable passe

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9 mai 2026
Voyage familial au Vatican : Comment Fils-Aimé externalise la crise haïtienne
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Voyage familial au Vatican : Comment Fils-Aimé externalise la crise haïtienne

  • by Rezo Nodwes
  • 9 mai 2026
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La tournée au Vatican n’est pas illégitime en soi. Obtenir du soutien moral est utile. Mais elle devient contre-productive lorsqu’elle sert de substitut à l’action interne, surtout lorsqu’elle s’accompagne d’un déplacement familial et protocolaire coûteux.

Une solution durable passe par une lutte intransigeante contre l’impunité à l’intérieur du pays, la transparence totale et le renforcement de l’État de droit.

Tant que les dirigeants haïtiens continueront à chercher prioritairement « ailleurs » — Vatican, Miami, forums internationaux — avec famille et suite, la solution à un problème qui se trouve d’abord « en Haïti », le pays restera otage de sa tragédie.

Haïti reste l’un des pays les plus corrompus et les plus touchés par l’impunité au monde. Selon l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) de Transparency International, le pays stagne à des scores extrêmement bas (autour de 16 à 20/100 ces dernières années), reflétant une capture de l’État par des élites politico-économiques et des réseaux criminels.

Dans ce contexte, la tournée du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé au Vatican (8-11 mai 2026), couronnée par l’audience avec le pape Léon XIV le 9 mai, illustre une stratégie récurrente : chercher à l’extérieur — diplomatique et spirituel — des solutions à une crise dont les racines principales se trouvent à l’intérieur du pays.

Accompagné de son épouse et d’une importante suite — délégation gouvernementale de haut niveau élargie à des proches —, le Premier ministre a transformé cette mission officielle en un déplacement coûteux au moment où Haïti brûle.

La corruption en Haïti n’est pas un accident, mais un système. Les élites économiques, souvent liées à des monopoles familiaux, collaborent avec des gangs armés pour contrôler ports, routes, douanes et flux illicites (armes, drogue, carburant).

Cette symbiose est dénoncée par des rapports internationaux et des sanctions américaines contre des financeurs présumés de la violence. Le système judiciaire, politisé et sous-financé, produit une impunité massive : très peu d’enquêtes aboutissent à des condamnations, surtout lorsqu’elles impliquent des acteurs puissants.

Les gangs contrôlent une grande partie de la capitale, commettent viols, enlèvements et massacres, souvent avec des complicités au sein des forces de sécurité ou de l’administration.

Cette impunité s’étend aux détournements de fonds publics, aux contrats opaques et aux nominations partisanes. Dans un contexte de transition sans Parlement pleinement fonctionnel, la gouvernance par décret accentue les risques de manque de contrôle.

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, accompagné de son épouse et d’une délégation élargie — dite « suite » —, a effectué une mission officielle à Rome et au Saint-Siège du 8 au 11 mai 2026.

Le point culminant fut l’audience avec le pape Léon XIV, le samedi 9 mai, suivie d’une messe pour la paix en Haïti.

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