Zocco Baia: «L'Ora d'Oro», une aube sans frontières
Publié le :
Zocco Baia, collectif bordelais né en 2021, trace une route musicale sans frontières. Après plus de 170 concerts et un premier EP, Birra & Caffè, paru en 2022, le quintet franco‑italo‑béninois dévoile son premier album. À travers onze titres et tout un kaléidoscope de styles, de langues et de légendes, L’Ora d’Oro célèbre une aube nouvelle. Un voyage musical entre cumbia, tarentelle, blues et seggae, mêlant italien, français et langues inventées, pour dire la renaissance, la résistance et l’espoir dans un monde en crise.
Rythmes latins, cordes africaines et énergie solaire : Zocco Baia revendique un « cocktail italo‑tropical » aussi brûlant que fédérateur. Des Caraïbes aux Balkans, de l’Amérique latine à l’Afrique, le quintet explore les musiques du monde pour mieux les faire dialoguer. Leur album L’Ora d’Oro est une invitation au mouvement, à la danse et à la liberté.
Pour la chanteuse italienne Benedetta Agostini, ce disque marque un tournant, bien plus qu’une simple étape artistique.
« Pour nous, c’était une nouvelle aube. Ça a été un projet de vie. On rêvait de faire notre musique, pas la musique mainstream, comme un pont vers l’au‑delà, vers la lumière. »
Un élan créatif nourri par l’époque, aussi sombre soit‑elle.
« Dans un moment où le monde entier semble brûler sous nos yeux, où l’on se sent parfois perdu ou désespéré, on pense sincèrement que la musique est le meilleur moyen de ne pas oublier l’espoir et surtout de ne jamais lâcher. »
Entre onirisme et engagement
Chez Zocco Baia, l’engagement se glisse dans le récit et la poésie. Dans l’album, les images se croisent et se répondent : un « Océan de feu » où une voix qui s’envole, se transforme en souffle, parfois en cri. Ailleurs, « Boom Boom » évoque à la fois les battements du cœur et les explosions des bombes. L’histoire, l’onirisme et la conscience politique avancent main dans la main.
Le titre « Osselfir » en est un exemple frappant. Écrit comme un jeu de miroirs, il convoque la Méditerranée comme symbole de paix et de fraternité.
« On s’imaginait que ce miroir, c’était celui de la Méditerranée. Le message est le même, même à l’envers : on est tous pareils, mais le monde s’obstine à ne voir que les différences. »
Sorcières, légendes et revanche musicale
Avec « La Strega », Zocco Baia s’attaque à la stigmatisation des femmes à travers une cumbia‑reggaeton enflammée, portée par la figure ambivalente de la sorcière : persécutée mais puissante. Le groupe pousse encore plus loin la charge symbolique dans « Le Teste di Moro », une tarentelle joyeusement diabolique inspirée d’une légende sicilienne où une femme décapite ses amants infidèles pour transformer leur tête en pot de fleurs.
Autant dire qu'avec Zocco Baia, la colère se danse et la légende devient résistance.
Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !