America 250
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250 ans d’indépendance américaine : Sinclair Lewis, l’écrivain nobélisé qui a fait « exploser la suffisance » de l’Américain moyen
Par Corine Lesnes (Sauk Centre (Minnesota), envoyée spéciale)Histoire« America 250 » (9/13). Les « folles » années 1920 ont vu croître de concert le consumérisme, le puritanisme et la xénophobie aux Etats-Unis. Sinclair Lewis, originaire de Sauk Centre, bourgade rurale du Minnesota, accède à la célébrité avec ses satires acides du mode de vie américain, qui résonnent aujourd’hui encore.
Pas un, ni deux ni même trois. Dans le salon de Patricia Lewis, à Saint Cloud (Minnesota), ce sont cinq drapeaux confédérés qui accueillent le visiteur. Encadrés par deux portraits tout aussi sulfureux, de Robert E. Lee et de Stonewall Jackson, les chefs militaires du camp sudiste pendant la guerre de Sécession (1861-1865). « Patti », 79 ans, a grandi près d’Orangeburg, en Caroline du Sud, le premier Etat esclavagiste à avoir quitté l’Union en décembre 1860, l’un de ces endroits où les plaies ne se sont jamais refermées. Elégante, accueillante, elle est ce que les Américains appellent une « Southern lady ».
A une époque de batailles mémorielles, ses enfants lui ont conseillé d’envoyer les drapeaux au musée, mais elle n’a pas encore pu s’y résoudre. C’est un hommage aux victimes, un pan d’histoire. Dans sa jeunesse, les anciennes caches des combattants étaient encore visibles à Orangeburg. Elle reste persuadée que la guerre civile aurait pu être évitée. « Si le Nord n’avait pas été aussi brutal, s’ils n’avaient pas cherché à nous rabaisser »…
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