EN 2008, l’ONU annonça que 51% de la population mondiale était urbaine et affirma que le XXIe siècle serait celui des villes [1]. Elle prévoyait que la proportion atteindrait 60% dans vingt ans. Rappelons qu’en 1800 cette dernière était de… 2%. Désormais, le territoire urbain, lieu d’agrégation par excellence, concentre la majorité de la population de la planète. Si l’on ajoute que l’accélération et l’amplification de la mondialisation reposent sur un réseau dont quelques villes constituent les nœuds essentiels, on prend la mesure des enjeux. Pour l’analyse géopolitique, le territoire urbain constitue un champ d’étude particulièrement riche car, « depuis son apparition […] la ville est le lieu du pouvoir. C’est en effet le lieu à partir duquel les hommes sont administrés, dirigés, organisés [2] ». Et ce pouvoir s’exerce dans des domaines aussi divers que la vie politique, les activités économiques, les relations sociales, l’information, la culture ou la guerre, notamment. L’analyse de ces multiples paramètres et de leurs interactions, pour complexe qu’elle soit, s’impose à qui veut comprendre pourquoi les acteurs cherchent à conserver ou prendre la ville. Et cela, que l’on se place dans une perspective pacifique, comme des élections municipales ou des activités économiques, par exemple, ou dans une perspective conflictuelle, comme le maintien de l’ordre, la défense ou la conquête militaires d’un territoire urbain.
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