L’occupation humaine du territoire s’accompagne du découpage de ce dernier. Les raisons varient : appropriation individuelle ou collective, organisation de la vie politique, affirmation de la souveraineté, notamment. Mais rappelons-nous le lien qui existe entre le territoire et le pouvoir : chaque délimitation de l’espace mesure la puissance d’une personne, d’un groupe ou d’une nation. L’inscription au cadastre fait le propriétaire, le découpage administratif définit l’espace d’autorité des représentants de l’État, la délimitation des circonscriptions détermine la zone de pouvoir des élus, la reconnaissance des frontières par les autres pays fonde l’indépendance et la souveraineté d’un État. Nomade ou sédentaire, l’individu, seul ou en groupe, ne survit que s’il maîtrise l’espace nécessaire à la satisfaction de ses besoins vitaux : il doit marquer son territoire et manifester son aptitude à le conserver. Tout affrontement pour le pouvoir sur un territoire donné découle de cette réalité. Cela explique, d’une part, l’importance accordée à la délimitation des “frontières“, tant intérieures qu’extérieures, d’autre part, la quête d’un territoire aux limites reconnues par la communauté internationale à laquelle se livrent les nations sans État.
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