LETTRE DE BRUXELLES
Lors de son lancement en grande pompe, en novembre 2022, son objectif était clair : il devait construire un autre récit que celui qui domine dans la sphère européenne, souvent très fédéraliste, en redonnant le pouvoir aux capitales. Le groupe de réflexion MCC Bruxelles, filiale du très richement doté institut Mathias Corvinus Collegium de Budapest, présidé par Balazs Orban, le directeur politique du leader illibéral hongrois Viktor Orban, s’était installé dans la capitale européenne afin d’« occuper Bruxelles » et d’y défendre la vision populiste développée en Hongrie.
Depuis le 12 avril, son avenir est en question. Après l’élection triomphale de Péter Magyar, Viktor Orban a dû céder son poste de premier ministre. Et son successeur n’a pas fait mystère de son objectif de priver l’institut Mathias Corvinus Collegium des parts d’entreprises nationales – 10 % du géant pétrolier national MOL, par exemple – que le gouvernement Orban lui avait octroyées, notamment pour financer la formation des cadres du parti Fidesz. Une loi, adoptée mardi 23 juin par le Parlement hongrois, ordonne la dissolution des fondations de gestion d’actifs d’intérêt public, dont relève l’institut, et oblige à la rétrocession de ses actifs à l’Etat. MCC Bruxelles, qui touchait ses subsides de MCC Budapest, devrait ainsi voir ses financements asséchés.
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