À Cuba, ces derniers jours, c’est la débandade chez les grandes compagnies internationales. Le 1er mai, l’administration américaine avait annoncé que toute entreprise travaillant avec le gouvernement cubain verrait ses actifs aux États-Unis gelés. L’ultimatum arrive à échéance ce vendredi 5 juin, et cela se voit.

Le 3 juin, la chaîne espagnole Meliá, qui gère 34 établissements sur l’île, a annoncé son retrait de 15 d’entre eux : tous ceux qu’elle gérait en partenariat avec Gaesa, le grand conglomérat économico-militaire cubain qui contrôle presque tous les secteurs d’activité à Cuba et se trouve dans le viseur de Washington.

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“Meliá cède face aux pressions de Trump”, titre El País América, qui rappelle cependant que la plupart de ces hôtels étaient déjà fermés du fait des “problèmes énergétiques et de la chute de la demande dont souffre Cuba”, comme l’a rappelé Melia dans un communiqué. Une référence aux coupures d’électricité constantes et aux pénuries de carburant qui se sont aggravées depuis que les États-Unis ont dicté un embargo pétrolier en janvier. Le géant hôtelier a ainsi justifié la fermeture par “un profond sens de la responsabilité entrepreneuriale”.

La veille, c’est le groupe hôtelier espagnol Iberostar qui avait annoncé qu’il se retirait de la gestion de 12 de ses 18 hôtels, soit tous ceux qui étaient cogérés avec Gaviota, entreprise touristique contrôlée par Gaesa, souligne le site El Toque. Motif : son “adaptation à l’environnement régulateur international”, selon le communiqué officiel.

“Complices du pillage”

La chaîne hôtelière canadienne Blue Diamond avait fait de même fin mai, assurant que la décision ne répondait pas aux menaces de sanction de l’administration Trump mais d’“une combinaison de facteurs, tels que la suspension des vols d’Air Canada” ou “la détérioration des conditions d’opérations” affectant ses “standards de qualité”. Et la chaîne du sud-est asiatique Archipelago International avait pris les devants quelques semaines plus tôt.

C’est une vraie “débâcle hotelière” que vit le pays, résume Diario de Cuba dans un éditorial piquant, qui regrette que les chaînes hôtelières se contentent de “suspensions partielles”. “De puissantes entreprises telles que Meliá et Iberostar s’obstinent à maintenir en activité d’autres hôtels, malgré le désert touristique cubain et le risque qu’elles prennent en continuant à miser sur le régime castriste”, ajoute le site établi en Espagne, les jugeant “complices du pillage perpétré par Gaesa à l’encontre du peuple cubain”.

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L’île des Caraïbes n’a accueilli que 1,8 million de touristes internationaux en 2025, soit le chiffre le plus bas depuis 2002, et moins de la moitié du pic de 4,7 millions enregistré en 2018, rappelle le média en ligne CiberCuba.

Pis, Cuba n’a accueilli que 330 000 touristes entre janvier et avril, soit une baisse de 56 % par rapport à la même période en 2025, déjà très mauvaise, souligne El Toque. Depuis le début de l’année, près d’une dizaine de compagnies aériennes internationales ont suspendu ou réduit leurs liaisons vers l’île. Et les images de Cuba, en proie à des pénuries d’aliments et de médicaments, ont découragé de nombreux voyageurs.

Plus de paiement par Visa et Mastercard

Un dernier coup de massue est tombé le 3 juin, quand la banque centrale cubaine a annoncé qu’à partir de samedi, aucun paiement par carte Visa ou Mastercard ne serait possible, du fait de la rupture des relations entre une banque étrangère et Fincimex, branche financière de Gaesa, sanctionné par Washington.

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Seules les cartes prépayées nationales Clásica et Tropical et les cartes russes Mir et chinoises UnionPay seront acceptées dans le pays. Le communiqué de la banque centrale cubaine “tente de donner une impression de normalité, mais la liste des alternatives confirme l’ampleur du problème”, souligne le site d’infomation 14ymedio. Visa et Mastercard sont les cartes les plus utilisées par les voyageurs européens, latino-américains et canadiens, mais aussi par les expatriés, coopérants et personnels d’ambassade. Elles le sont aussi par de nombreux Cubains qui font leur course dans des magasins vendant en dollars, moins soumis aux pénuries, grâce à des cartes que “leurs proches à l’étranger leur ont procuré”, ajoute le site d’information indépendant cubain.