Vêtu d’une toge rouge et noire, un petit bouquet de roses blanches à la main, Peter Zhang, 22 ans, arpente tout sourire l’un des parvis de la prestigieuse université Renmin, à Pékin. Un camarade le suit à la trace, pour le photographier. Peter vient de décrocher une licence en finance. « J’ai grandi à la campagne. Personne dans la famille n’était allé à l’université avant moi. » Pourtant, il est inquiet : les géants chinois de la finance en ligne comme de l’e-commerce, où il souhaitait postuler, suppriment des postes. Leurs propres outils d’intelligence artificielle (IA) automatisent désormais les bilans financiers, les rapports de marchés et même les tableaux de projection de risques, habituellement réalisés par des juniors. « Dans ma promo, l’IA provoque un sentiment d’insécurité. J’ai choisi de temporiser en restant à Renmin. »
Pour se donner plus de chance, Peter va intégrer le master d’économie numérique lancé en septembre 2024. Ce diplôme mêle finance, IA, droit et informatique pour former, en deux ans, des « talents de haut niveau en gestion polyvalente dans l’économie numérique ». A la rentrée, l’Ecole de gestion et d’économie ainsi que l’Ecole d’électronique et d’ingénierie d’information de l’université Tongji, à Shanghaï, lanceront toutes les deux un master du même acabit, « pour répondre aux besoins de la finance intelligente ».
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