Subitement, tout le monde s’est levé, visage recueilli. Il y a d’abord eu l’hymne national algérien, Kassaman (« nous jurons »), une minute de silence en hommage aux chahid (« martyrs ») et une prière. Puis Yacine Delimi, 32 ans, cravate rouge et baskets aux pieds, est entré en scène et a déroulé son programme devant une trentaine de personnes ; un public plutôt clairsemé. Ce 21 juin, quai de Jemmapes, dans le 10e arrondissement de la capitale française, la branche parisienne du Front de libération nationale (FLN) tenait une réunion de campagne en vue des élections législatives algériennes de jeudi 2 juillet.
Autour de 900 000 électeurs algériens inscrits dans trois circonscriptions hexagonales (Ile-de-France, Nord et Sud) sont invités à élire un contingent de six députés à l’Assemblée populaire nationale d’Alger. Les opérations de vote dans la diaspora ont débuté dimanche et s’achèveront jeudi.
Yacine Delimi est très à l’aise sur l’estrade. Le jeune homme personnifie la relève d’un parti qui s’était ossifié avec le temps. Constantinois arrivé en France en 2016 avec un statut étudiant, il a enchaîné les diplômes, notamment en intelligence artificielle, et officie maintenant comme conseiller en stratégie pour des grandes entreprises. A ses côtés, ses acolytes ont le même profil : des jeunes diplômés âgés de moins de 30 ans. Un tel rajeunissement s’est produit sous la houlette du chef du FLN à Paris, Mohammed Mekid, 49 ans, fils de moudjahidines, pur produit de l’appareil mais qui a compris que sa formation dépérirait si elle ne faisait pas la place aux jeunes.
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