“C’est tout à fait étonnant : le bâtiment est toujours le même, les mêmes briques rouges et les mêmes volets en bois, mais à l’intérieur, on ne reconnaît plus rien”, fait remarquer le journal indépendant Novaïa Gazeta, qui, en dépit des pressions, continue son activité à l’intérieur de la Russie.

Le portail d’information moscovite MSK1 a cependant relevé des nuances dans le square aménagé dans la cour : les écriteaux qui racontaient des destins de détenus ont été retirés, et le mirador qui avait été rapporté d’un camp de la Kolyma, région située aux confins de l’Extrême-Orient, a lui aussi été démonté. Le lieu abritait autrefois le musée de l’Histoire du goulag, unique institution d’envergure qui documentait les répressions exercées par l’État soviétique.

En novembre 2024, une “violation des règles de sécurité anti-incendie” avait été invoquée pour justifier sa fermeture “temporaire”. Mais le musée n’a jamais rouvert ses portes : son directeur a été limogé, et la collection envoyée aux archives. Dans ce bâtiment supposément dangereux a été aménagé quelques mois plus tard un “musée de la Mémoire”, se présentant comme “le premier musée mémoriel national consacré aux victimes du génocide du peuple soviétique”. Sur son site Internet, sa vocation est ainsi présentée : “préserver la m