La jardinerie n’ouvre que dans vingt minutes, mais il y a déjà un homme sur le parking de la clientèle. Le milieu de la quarantaine, allure sportive, veste de travail bleu clair. La douce lumière du soleil matinal a beau faire de cet établissement commercial situé à la périphérie de Munich un environnement supportable, ce n’est pas un lieu où on arrive si tôt par plaisir. Il a dû conduire ses enfants à l’école, c’est pour cela qu’il est déjà là, explique l’homme. Il sourit aimablement et ajoute : “Ça repart, enfin.”

On dirait qu’on a pris rendez-vous pour faire quelque chose ensemble et que tout le pays vient d’être soulagé d’un fardeau. En fait, c’est simplement que l’hiver, un de plus, vient de prendre fin. Mais c’est surtout que l’été arrive. Le changement de saison a fait apparaître les coutumes les plus diverses dans le monde : en Inde, par exemple, les gens se jettent de la poudre de toutes les couleurs dessus, au Japon, ils se promènent sous les cerisiers en fleur. En Allemagne, le rituel printanier moderne est un peu plus terre à terre : on fait sa première grande expédition à la jardinerie.

Quand les gens mettent dans leur chariot des sacs de terreau, un nouveau plant de lavande ou un successeur au romarin mort la saison dernière, c’est qu’on en a fini avec la glace et