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A Rome, un centre social dans le viseur du gouvernement Meloni

Centre autogéré au cœur de la capitale italienne, Spin Time a été évacué après un incendie, fin juillet. L’avenir du lieu, où logeaient 400 personnes, est compromis, alors que la présidente du conseil a fait de la fermeture de ces établissements l’un de ses chevaux de bataille.

A Rome, un centre social dans le viseur du gouvernement Meloni
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A Rome, un centre social dans le viseur du gouvernement Meloni

Par Olivier Bonnel (Rome, correspondance)
Publié aujourd’hui à 15h00

Temps de Lecture 4 min.

Durant tout le mois d’août, les journaux italiens ont égrené les images de dizaines de tentes Decathlon posées dans la rue Santa-Croce-in-Gerusalemme, dans le quartier de l’Esquilin, au centre de Rome. C’est là qu’ont dormi, pendant trois semaines, près de 400 personnes, devant l’immeuble où elles étaient logées et qu’elles ont été sommées de quitter après un incendie, dans la nuit du 29 au 30 juillet. Depuis 2013, ce bâtiment squatté abrite le centre social Spin Time. Samedi 22 août, ils sont encore quelques dizaines dans la rue, assis sur des matelas ou des chaises en plastique. Des enfants jouent bruyamment au foot, tandis qu’au compte-gouttes les habitants du centre viennent récupérer des effets personnels à l’intérieur du bâtiment, escortés par la police.

A la fois maison d’accueil d’étrangers et centre culturel autogéré, Spin Time est devenu, au fil des années, une expérience sociale unique à Rome, où se concentrent les luttes de gauche pour un droit au logement et à un travail digne. Ici, 27 nationalités se croisent. L’immeuble abrite des salles de spectacle, un restaurant, une imprimerie, des salles de classe et un bureau d’aide à l’insertion professionnelle.

« C’est un monde qui met ensemble les pauvres, les jeunes et les migrants, et qui veut incarner l’humanité face à la culture du profit », résume avec emphase son président, Paolo Perrini. Pour cet activiste de 67 ans, compagnon de nombreuses luttes sociales dans la Péninsule, comme les manifestations anti-G8 à Gênes, en 2001, « la politique ne peut pas être l’esclave du marché et doit servir le bien public ».

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