Dans une rue du centre de Téhéran, un marchand ambulant est agenouillé à côté de vêtements étalés sur le trottoir, occupé à disposer des articles ménagers sous la lueur aveuglante des phares tandis que des voitures passent en klaxonnant. “Voilà, c’est ça, notre vie, maintenant”, murmure-t-il, plus pour se plaindre que pour engager la conversation.
À quelques mètres de là, une foule se masse peu à peu le long de la chaussée. Dans le braillement de la musique et des haut-parleurs, les gens brandissent des drapeaux, entonnent des chants patriotiques et scandent des slogans contre les États-Unis et Israël qui résonnent en écho dans la nuit.
Ces deux scènes se déroulent simultanément, au même endroit. Mais elles brossent deux tableaux radicalement différents de ce à quoi ressemble la vie des habitants de Téhéran, désemparés par l’escalade brutale de ces derniers mois.
“Tout tourne au ralenti”
Pendant des années, les Iraniens se sont surtout préoccupés du déclin économique et des restrictions de plus en plus dures, plutôt que d’un soudain basculement dans un conflit ouvert et une instabilité durable. En s’additionnant, ces développements ont bouleversé non seulement le quotidien, mais aussi les perspectives des habitants.
“Avant tout ça, on se disait qu’il fallait juste se débrouiller
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