Élever des enfants à l’étranger est souvent quelque chose que les parents recherchent autant qu’ils craignent. L’expatriation se fait souvent en pensant aux bénéfices humains, culturels et éducatifs que les enfants en tireront. Mais tout est loin d’être facile pour autant. Le site Business Insider publie le témoignage de Cara West, partie en 2024 de Houston, aux États-Unis, pour la petite île de Syros, en Grèce, avec son mari et sa fille âgée de 2 ans à l’époque. Elle détaille justement les avantages et inconvénients de la vie de parent expatrié : la barrière de la langue, un sentiment de sécurité au sein de l’école, une famille européenne plus facile à voir et un coût de la vie plus faible qui permet de travailler moins.
“Je dirais que l’un des plus grands avantages, du moins pour nous, c’est la communauté que nous avons ici, composée d’autres familles de nomades numériques et d’expatriés ainsi que de familles locales.”
Loin de vouloir ne se mêler qu’à des étrangers, le couple souhaite que leur fille apprenne le grec et l’a inscrite dans une école privée locale.
Autre avantage : la facilité pour se rendre dans d’autres destinations touristiques comme Venise, Lisbonne et Paris. Cela a évidemment un prix, celui de l’éloignement des proches, restés aux États-Unis, éloignement comblé tant bien que mal grâce à des appels vidéo.
Alors que de plus en plus d’Américains envisagent d’émigrer, poussés par l’inflation et une inquiétude concernant le climat social et politique, le site BuzzFeed compile vingt-trois témoignages tirés de fils Reddit sur le sujet de la parentalité à l’étranger. Les internautes décrivent des pratiques jugées normales dans leur pays d’adoption – plus d’autonomie donnée aux enfants en Suisse ou en Norvège, absence d’éducation au sommeil au Japon, repas identiques pour enfants et adultes en France – et qui les opposent à un mode de vie américain jugé plus anxiogène et surprotecteur. Ils apprécient les congés parentaux “très long (deux ans, ce n’est pas rare) et presque entièrement rémunérés” en Suède mais aussi au Canada (souvent de douze à dix-huit mois). Ils soulignent les différences culturelles comme le fait de faire dormir les bébés dehors en Norvège ou, au contraire, de les habiller beaucoup, même par temps chaud, en Pologne.
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Concernant l’alimentation aussi, les différences sont frappantes : une Américaine installée en Albanie constate que “si un restaurant propose un menu enfant, il s’agit simplement d’une portion réduite des plats pour les adultes. On ne trouve pas de nuggets de poulet dans un restaurant de fruits de mer”, tandis qu’une de ces concitoyennes chante les louanges des petits Français à table, qui mangent comme leurs parents et sans avoir systématiquement un écran sous les yeux. Des expats vivant en Islande et en Suisse saluent aussi la liberté presque totale dont jouissent les enfants pour se rendre à l’école ou chez leurs amis, ce qui serait impensable aux États-Unis.
“J’étais choquée. La plupart du temps, les parents ne savent pas où se trouvent leurs enfants. Ils vont simplement chez n’importe qui pour passer du temps ensemble. J’ai l’impression de revivre mon enfance dans les années 1980 et 1990.”
En creux, ces parents font une critique de la surprotection des enfants aux États-Unis, un pays où les fusillades dans les écoles se succèdent. L’expatriation, avec son lot de curiosités et d’adaptations nécessaires, semble alors être une solution bénéfique aussi bien pour les enfants que pour les parents.
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