Lundi 8 juin, au matin, Patrick Bruel a été placé en garde à vue, dans le cadre d’une enquête pour viols et agressions sexuelles. “Au total, une trentaine de femmes affirment avoir été victimes de Patrick Bruel pour des faits qui se seraient déroulés entre 1991 et 2019”, rappelle le quotidien espagnol El País. L’enquête actuellement menée concerne treize des victimes présumées du chanteur et acteur français.

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“Les soupçons qui pèsent sur Patrick Bruel ne datent pas d’hier, mais ils ont pris une tout autre dimension depuis le 15 mai dernier, après les révélations du site d’information Mediapart”, retrace Eusébio Val dans les colonnes de La Vanguardia. “Sous pression”, le chanteur avait fini par annoncer, le 31 mai, l’annulation de nombreuses dates de sa tournée. Et dans la foulée, il a été déprogrammé de nombreux festivals, notamment à Montréal ou en Suisse, au “Pully Jazz Festival et au Bellarena, à Fribourg”, précise le quotidien suisse Le Temps.

Il “peut risquer la prison”

L’enquête visant Patrick Bruel dépasse les frontières françaises. Comme le rappelle le quotidien néerlandophone De Standaard, “en Belgique, une enquête a été ouverte à la suite de la plainte de Karine Viseur. Elle accuse Bruel de l’avoir agressée sexuellement dans les locaux de la RTBF [radiotélévision belge], en 2010, alors qu’elle était attachée de presse d’un distributeur chargé de la promotion du film Comme les cinq doigts de la main”, dans lequel Bruel détenait le rôle principal. En France, cette arrestation intervient alors que “le pays est encore sous le choc du meurtre de Lyhanna, 11 ans, qui aurait été enlevée par le père d’une de ses amies”, souligne Eusébio Val dans La Vanguardia.

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“Le procureur et les enquêteurs considèrent que c’est le bon moment” pour confronter le chanteur “aux accusations qui pèsent sur lui dans les différents dossiers”, a indiqué Pierre Chômé, avocat pénaliste au barreau de Bruxelles, aux journalistes de La Libre. Pour autant, il ne s’agit que d’une première étape. Car “dans beaucoup de dossiers, les gens ressortent dans la journée ou au bout de 48 heures”. Et pour l’heure, Patrick Bruel rejette l’ensemble des accusations portées contre lui.

En revanche, si le procureur considère que les accusations sont sérieuses, le chanteur pourrait être déféré devant un juge d’instruction, informe le média indépendant belge. Celui-ci pourra exiger “soit un contrôle judiciaire avec des conditions (notamment l’interdiction de contact avec les victimes), soit une assignation à résidence, soit décerner un mandat de dépôt”. À l’issue de ces étapes, “si les faits sont confirmés, Patrick Bruel peut risquer la prison”. Une peine avec sursis reste envisageable, mais le “fait que des victimes se soient constituées parties civiles ferme la porte à un classement sans suite”.