L’opération est rare pour Alphabet. Le géant de la tech va procéder à une augmentation de capital de 80 milliards de dollars (près de 68 milliards d’euros) pour financer le développement de ses infrastructures d’intelligence artificielle (IA), selon un communiqué publié lundi 1er juin.
Le conglomérat Berkshire Hathaway, anciennement dirigé par Warren Buffett, s’est déjà engagé à absorber 10 milliards de dollars de titres, a précisé la maison mère de Google.
C’est la première fois depuis son introduction en Bourse, en 2004, que Google, devenu Alphabet en 2015, procède à une importante vente d’actions sur le marché. Jusqu’ici, l’entreprise n’en avait pas besoin car elle dégage des bénéfices considérables. En 2025, elle a ainsi généré pas moins de 164 milliards de dollars de liquidités grâce à ses activités.
Mais l’accélération de l’IA est telle que même Alphabet ne peut plus suivre. L’intelligence artificielle nécessite une quantité massive de processeurs et de serveurs, capables de stocker et de traiter les données liées aux modèles d’IA.
Or, Alphabet est à la fois un laboratoire d’IA, qui a produit les modèles Gemini, mais aussi un prestataire de puissance de calcul par le biais de ses centres de données, réunis sous la bannière Google Cloud, ce qui démultiplie ses besoins.
Investissements massifs dans l’IA
Le groupe de Mountain View (Californie) compte ainsi procéder à des investissements compris entre 180 et 190 milliards de dollars, pour l’essentiel dans l’IA, soit plus du double de l’an dernier (91), et s’attend déjà à ce que l’enveloppe augmente « significativement » en 2027. Pour se donner de l’air, Alphabet a levé la bagatelle de 85 milliards de dollars de dette lors des douze derniers mois.
Décidé à garder le pied au plancher, le groupe passe cette fois par une augmentation de capital, au risque de diluer le prix de son titre et de mécontenter ses actionnaires, même si ces 80 milliards ne représenteront qu’à peine plus de 1 % de sa capitalisation, qui s’élevait à plus de 4 500 milliards de dollars, lundi en clôture. Dans les échanges électroniques postérieurs à la fermeture de Wall Street, l’action Alphabet abandonnait un peu moins de 2 %.