Une jeune femme coiffée d’un casque, en mission de sauvetage et d’assistance, conclut son post sur X par un cri : “Ne donnez rien aux policiers ni aux militaires, ils le gardent pour eux.” Endurcis par vingt-sept ans de résistance à la destruction de leur nation, les Vénézuéliens affrontent seuls des montagnes de décombres pour tenter de sauver des vies. Ce cri spontané, lourd de colère, synthétise ce qui se passe dans notre pays affligé.

À Caracas, les habitants d’un certain âge se rappellent encore ce qu’ils faisaient à 20 heures le 29 juillet 1967, quand la capitale a été ébranlée par un terrible séisme [de magnitude 6,7]. Ils se rappellent aussi que le président de la République Raúl Leoni avait désigné son ministre des Travaux publics Leopoldo Sucre Figarella pour prendre la tête de la réaction à cette catastrophe naturelle qui avait plongé Caracas et le littoral de La Guaira dans la terreur et l’angoisse [avec 236 morts et plus de 2 000 blessés recensés]. Le pays avait pu s’en remettre à lui.

L’armée, institution portée disparue

Qui avons-nous aujourd’hui, dans ce Venezuela qui était déjà à l’os, pour prendre la tête de la coordination des opérations de sauvetage et d’assistance aux victimes et assurer la diffusion d’informations fiables pour nous permettre de renouer, bie