Avant de sortir faire ses courses, Natalia a désormais un nouveau réflexe. Elle ouvre les groupes de discussion locaux en ligne pour vérifier si “un ours n’a pas été vu à proximité”. À Podtyossovo, petite localité de plus de 3 000 habitants du kraï de Krasnoïarsk, nichée entre le fleuve Ienisseï et la taïga sibérienne, “les gens ont peur de sortir de chez eux”, raconte-t-elle à Radio Svoboda.

Mercredi 2 septembre, les corps de deux femmes âgées, parties le 31 août cueillir des champignons dans les bois alentour, ont été retrouvés après qu’elles ont été tuées par des ours. “Deux enterrements le même jour, c’est impossible à concevoir”, confie Natalia. Et les recommandations des autorités, qui demandent d’éviter la forêt et de limiter les sorties, la laissent perplexe.

“Aujourd’hui, en sortant de chez soi, on ne sait même plus si on rentrera sain et sauf.”

De plus, les ours ne s’arrêtent plus aux portes des villages sibériens. Komsomolskaïa Pravda décrit ainsi l’irruption de l’un d’eux dans un hôtel cinq étoiles près de Sotchi, dans le sud de la Russie. L’animal “est entré dans le bâtiment et a erré dans le couloir”, avant de tomber sur un employé qui a crié et gesticulé, en brandissant un seau, jusqu’à faire fuir l’animal. Les clients, eux, ont ensuite hésité à “sortir de leurs c