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Au Brésil, la découverte d’un cimetière d’esclaves ravive les blessures enfouies

A Salvador de Bahia, ancien port négrier du pays, un cimetière, où auraient été enterrés entre 32 000 et 100 000 esclaves, a été mis au jour en 2025, sur le terrain d’une institution catholique caritative très respectée. Descendants et représentants des cultes afro-brésiliens se mobili

Au Brésil, la découverte d’un cimetière d’esclaves ravive les blessures enfouies
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Au Brésil, la découverte d’un cimetière d’esclaves ravive les blessures enfouies

Par Anne-Dominique Correa (Rio de Janeiro, correspondante)
Publié aujourd’hui à 02h00

Temps de Lecture 9 min.

Coiffés de foulards en dentelle immaculés, des dizaines de représentants de religions afro-brésiliennes s’installent les uns après les autres sur les rangées de chaises recouvertes de tissu bleu, soigneusement alignées dans une salle climatisée et baignée de lumière, à l’étage d’un vieil immeuble du centre de Salvador de Bahia, dans le nord-est du Brésil. Représentants des autorités et chercheurs ont déjà pris place derrière la longue table en bois des conférenciers, au fond de la pièce. A l’entrée, eau et café sont mis à disposition des invités, la réunion risque d’être longue.

Ce 29 avril, dans l’après-midi, la société civile bahianaise se réunit pour débattre de mesures réparatoires après qu’une importante découverte archéologique a été faite un an plus tôt. En mai 2025, des fouilles menées sous le parking de la prestigieuse institution philanthropique Santa Casa da Misericórdia ont mis au jour un cimetière où auraient été enterrées entre 32 000 et 100 000 personnes réduites en esclavage, selon différentes estimations, à l’époque où Salvador était l’un des plus grands ports négriers au monde.

Révoltés par l’effacement de la mémoire du site, comme de tant d’autres lieux marqués par la violence infligée aux 4,86 millions d’Africains déportés vers le Brésil entre 1500 et 1888, les descendants de ces morts oubliés réclament désormais justice. « Nous allons nous battre jusqu’au bout pour obtenir réparation », lance Sandra Monteiro, prêtresse du candomblé (la principale religion afro-­brésilienne), déterminée à mettre fin à l’impunité qui entoure encore les crimes commis contre ses ancêtres.

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