Sur le papier, les chiffres sont impressionnants. Mais dans les faits, des habitants de la commune de Houndé soulèvent des inquiétudes. Pour mieux comprendre, trois acteurs que sont Souleymane Ouédraogo, orpailleur dans la commune de Houndé, Dramane Bamogo, représentant de la mairie, et Yi-han-lo Lanou, président du Conseil provincial des organisations de la société civile du Tuy, se sont retrouvés pour en débattre.

L’installation de la mine d’or dans la commune a eu un impact positif. Elle a permis à la commune d’augmenter ses recettes. “Dans le domaine de la voirie, on a plus de 4 milliards de francs CFA [6,1 millions d’euros] qui ont été investis. Dans l’éducation, on a plus de 2,5 milliards [3,8 millions d’euros] de réalisations. Dans le domaine de la santé, on a près de 900 millions de FCFA [1,3 million d’euros] qui ont été investis”, décrit Dramane Bamogo, avec fierté.

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Il cite l’exemple du centre de santé du secteur 3 de Houndé, déjà fonctionnel. Des châteaux et des adductions d’eau potable ont également été construits.

Longs chantiers

Souleymane Ouédraogo est orpailleur au secteur 3 de Houndé. Il reconnaît et salue la construction du centre de santé fonctionnel dans son quartier. Mais il se sent oublié en tant qu’orpailleur. Il s’attend à un transfert de compétences de la mine aux jeunes de la localité. Il regrette l’absence de formation et d’employabilité des jeunes par la mine d’or installée. “Nous aussi, on souhaite qu’ils nous forment pour que nous puissions avoir des jeunes géologues, qui puissent nous aider dans nos travaux”, propose-t-il. “Cela ne relève pas de la mairie mais de la mine”, rétorque-t-il.

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Pourtant, ces investissements sont loin de satisfaire certains acteurs de la société civile. Un membre du comité communal de veille citoyenne ne cache pas son inquiétude. Il rappelle à la mairie que des chantiers de certains collèges sont encore en souffrance. Des enfants de moins de 10 ans sont obligés de marcher plusieurs kilomètres pour aller à l’école. Ce qu’il ne trouve pas normal.

“Est-ce que la mairie pourra faire la finition de ces infrastructures ou bien nous sommes à quel niveau ? Parce que si ça reste en l’état, ça risque d’être une perte pour la commune”, interroge-t-il.

Manque d’inclusion

Yi-han-lo Lanou, président du Conseil provincial des organisations de la société civile du Tuy, regrette que la mine ne puisse pas absorber assez le chômage. Il évoque également l’accès limité des commerçants locaux aux marchés de la mine. Yi-han-lo Lanou dénonce également le coût de la vie devenu insupportable pour beaucoup. “Houndé est l’une des villes les plus chères du Burkina. Tout le monde ne travaille pas à la mine. Mais nous subissons les conséquences de l’implantation de la mine”, juge-t-il.

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Des femmes présentes ont aussi interpellé la mairie, car se sentant souvent oubliées. La mairie rappelle que des efforts ont été faits. “Il y a déjà eu de la formation [pour les femmes]. Même si ce n’est pas au titre du fonds minier, mais c’est au titre du budget de la commune. Mais il faut dire que c’est le fonds minier qui a dégagé certaines dépenses”, explique-t-il.

Face à la multiplicité des attentes, Dramane Bamogo reconnaît les limites actuelles. Cependant, certains actes ne relèvent pas de ses compétences. “C’est vrai, ces 10 milliards de FCFA, on trouverait que c’est énorme. Mais il faut dire qu’à Houndé, il y a beaucoup de défis à relever”, souligne-t-il.