Dans la « révolution progressiste et populaire » décrétée par la junte au pouvoir au Burkina Faso, il y a le « camarade président » Ibrahim Traoré. Et il y a désormais tous les autres. Lundi 1er juin, le premier ministre, Jean Emmanuel Ouédraogo, a envoyé une directive aux membres du gouvernement et aux présidents d’institutions leur enjoignant d’utiliser systématiquement la formule « camarade » quand ils s’adressent à un compatriote.
« Dans un esprit d’harmonisation des pratiques déjà en cours au sein de l’administration publique, je vous invite à consacrer l’usage du terme “camarade”, que ce soit dans les correspondances administratives, les prises de parole et les discours, leur écrit-il, ajoutant : Il importe de veiller à ce que notre langage officiel reflète l’esprit d’égalité, de fraternité combattante et de solidarité active entre les dirigeants et le peuple. »
Après sa prise du pouvoir par un putsch, fin septembre 2022, le capitaine Ibrahim Traoré, qui avait initialement indiqué ne pas vouloir rester à la tête du pays, s’est autoproclamé président jusqu’en juillet 2029, sans élections. Menant une guerre totale contre les groupes djihadistes qui contrôlent de larges pans du pays, sa junte ne tolère aucune voix dissidente et mène une répression implacable contre ses opposants réels ou supposés.
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