L’audience a été des plus éprouvantes. Lundi 1er juin, au tribunal militaire de Yaoundé, ont été diffusées pour la première fois trois vidéos tournées juste avant l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, le 17 janvier 2023. Celui-ci apparaît nu, ligoté et en sang, une oreille coupée, tentant vainement de résister à ses tortionnaires. Dans la salle d’audience, plusieurs membres de l’assistance ont fondu en larmes. La veuve du journaliste est parvenue à sortir, avant de s’évanouir.
Les images projetées ont rouvert la plaie béante de ce que l’ONG Reporters sans frontières (RSF) qualifiait dès février 2023 de « crime d’Etat ». L’animateur radio, âgé de 50 ans au moment de sa mort, était une figure populaire, qui dénonçait quotidiennement sur les ondes d’Amplitude FM la corruption des barons du pouvoir. Il a été enlevé puis torturé, avant que son corps atrocement mutilé soit retrouvé dans la ville de Soa, près de la capitale, Yaoundé.
Si Justin Danwe, l’ancien directeur des opérations spéciales de la Direction générale des renseignements extérieurs (DGRE), service de contre-espionnage camerounais, a reconnu avoir formé un commando pour s’en prendre à Martinez Zogo, découvrir l’identité du ou des commanditaires de ce crime reste l’enjeu du procès en cours, sur fond de luttes politiques.
Il vous reste 73.25% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !