Les rastas kényans devront encore attendre pour savoir s’ils auront le droit de consommer du cannabis légalement. Le verdict de la Haute Cour de justice du pays à ce sujet, qui était attendu jeudi 28 mai, a été reporté au 15 juillet. La communauté rastafari est, depuis plus de cinq ans maintenant, en attente d’une décision, et il s’agit déjà du deuxième report cette année, le premier ayant eu lieu en mars.
D’aucuns pourraient s’en irriter, mais ce n’est pas la philosophie des rastafaris. « On reste très calmes et positifs depuis le début », confie Ras Benaiah Mbucu, coordinateur de la Rastafari Society of Kenya (RSK). Dans un courrier adressé à l’association, la justice kényane a justifié le nouvel ajournement par le caractère « lourd » et les « implications législatives très larges » de cette décision. Pour l’heure, selon la loi sur les stupéfiants de 1994, la consommation de cannabis reste punie d’une peine de prison minimale de cinq ans et d’une amende.
La RSK a lancé, en 2021, une campagne juridique en faveur de la légalisation, baptisée « Ganja Petition ». L’espoir des rastafaris kényans d’obtenir gain de cause ne paraît pas si irréaliste. En effet, en 2019, leur religion a été reconnue officiellement par la justice. C’est en vertu de cette reconnaissance que les membres de l’organisation revendiquent, devant les tribunaux, le droit d’utiliser le produit, considéré comme sacramentel dans le cadre de leur pratique religieuse et leur quotidien.
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