Les grands événements sportifs représentent un moteur non négligeable pour l’économie des pays hôtes, mais alimentent aussi des activités criminelles. Au Mexique, avant même le coup d’envoi de la Coupe du monde, l’une des principales inquiétudes concernait une possible augmentation du tourisme sexuel. Une préoccupation régulièrement relayée par les défenseurs des droits humains et les organisations de lutte contre les violences sexuelles.

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Début juin, Milenio rappelait que le risque d’une hausse de l’exploitation sexuelle durant la compétition “n’[était] pas hypothétique” et que l’“expérience internationale” avait depuis longtemps démontré que ce type de rassemblement était un facteur aggravant. Selon la définition du Congrès mondial contre l’exploitation sexuelle des enfants, en 1996, le tourisme sexuel est, précise le quotidien, une “forme d’exploitation dans laquelle un individu voyage afin de se livrer à des activités sexuelles dans des contextes où la surveillance est moindre”. Une situation qui place les victimes dans une situation de vulnérabilité et confère un sentiment d’impunité aux auteurs des faits, ajoute Milenio.

20 000 victimes de la traite des enfants

Les mêmes inquiétudes sont exprimées par Noemi Monroy Enriquez, secrétaire académique du Programme universitaire pour les droits humains à l’Université nationale autonome du Mexique. Interrogée par Infobae, elle avance que dans un pays où le nombre de victimes de la traite des enfants s’élève déjà à 20 000, le nombre de cas pourrait considérablement augmenter au cours des prochaines semaines de compétition.

Un peu moins de deux mois avant le début de la Coupe du monde, La Silla Rota rappelait aussi que le Mexique est considéré comme l’une des principales destinations de tourisme sexuel impliquant des enfants, derrière la Thaïlande. Face à une problématique bien réelle, le journal dénonçait surtout un retard dans la mise en œuvre de mesures concrètes pour réduire les risques, alors même que le monde a les yeux rivés sur le pays.

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Des mesures auraient toutefois été prises à l’approche du tournoi, selon Maira Martínez Pineda, professeure à l’université du Guerrero et spécialiste de la prévention des violences de genre. Dans les colonnes d’El Heraldo de México, l’universitaire reconnaît que les autorités ont renforcé les contrôles et mené des opérations spéciales dans les aéroports, hôtels et zones touristiques. Elle fait également part de son espoir que les autorités mexicaines profitent du Mondial pour laisser un héritage positif durable, en renforçant la lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs.