Au moins 13 personnes sont mortes en Afghanistan dans des frappes pakistanaises à proximité de la frontière entre les deux pays, les plus meurtrières depuis des semaines, ont affirmé, mercredi 10 juin, le gouvernement afghan et des sources locales.
« Hier soir, l’armée pakistanaise a une nouvelle fois violé l’espace aérien de l’Afghanistan et bombardé des habitations civiles dans les provinces de Kunar, Khost et Paktika. Ces attaques ont tué 11 enfants, une femme et un homme âgé », a écrit sur X le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid.
Un responsable de la province de Khost, qui a requis l’anonymat, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) qu’une frappe sur une maison dans le district de Spera avait tué neuf personnes et fait dix blessés. Deux habitants de la province voisine de Paktika ont rapporté qu’une autre attaque avait fait trois morts dans le district de Barmal. La frappe a touché une maison et les victimes sont des enfants, a précisé l’une de ces deux personnes.
Recrudescence de la violence
Un calme relatif était revenu près de la frontière ces dernières semaines, après des affrontements sporadiques ayant mené fin février à l’éclatement d’une guerre entre les deux pays.
De violents combats avaient eu lieu le long de la frontière et le Pakistan avait mené des bombardements aériens sur des villes afghanes dont Kaboul et Kandahar, où réside le chef suprême des talibans. Au moins 372 civils afghans ont été tués dans ces violences entre le 1er janvier et le 31 mars, selon un rapport de l’ONU publié mi-mai.
Les relations entre le Pakistan et l’Afghanistan se sont envenimées depuis que les autorités talibanes ont pris le pouvoir pour la deuxième fois, en 2021. La frontière entre les deux voisins est restée en grande partie fermée depuis la recrudescence de la violence en octobre, gelant ainsi le commerce bilatéral.
Les questions de sécurité sont un important point de friction. Islamabad accuse l’Afghanistan d’accueillir des combattants du mouvement des talibans pakistanais (TTP) qui ont revendiqué des attaques meurtrières au Pakistan, ce que les autorités afghanes démentent. Islamabad a affirmé à plusieurs reprises que ses frappes en Afghanistan visaient ces combattants et qu’il ne prenait pas délibérément pour cible des civils.