À l’heure où paraît ce texte, dans l’après-midi du jeudi 27 août, l’étendue inouïe des crues qui ont frappé le centre du Népal est peu à peu révélée. C’est l’annonce qu’une succursale bancaire a perdu tout son personnel, qu’un poste de police ne recense aucun survivant, que des bus de pèlerins venus pour la fête de Janai Purnima ont été noyés, mais ce sont aussi les familles indiennes qui appellent notre rédaction pour nous demander de retrouver leurs proches. Nous devons nous faire à l’ampleur tragique du bilan humain.

Le Népal n’a pas connu de désastre aussi grave depuis le séisme de 2015. Les destructions économiques et matérielles sont les pires que le pays ait subies. La télédétection nous a permis d’identifier le site de l’éboulement sur la face nord du Langtang, au Népal, qui a obstrué la rivière Lhende, laquelle se jette dans la Trishuli, également au Népal. Les niveaux d’eau ont alors brutalement augmenté mercredi 26 août, peu avant 9 heures. Au niveau de Timure, à la frontière avec le Tibet, la coulée de débris a atteint près de 80 mètres de haut, et son violent débit vers l’aval a tout emporté sur son passage. Rien n’a été épargné.

Personne ne pouvait prédire l’instant précis de la catastrophe, mais n’importe qui aurait pu affirmer qu’elle arriverait un jour ou l’autr