La Jinja Herbal Mixture, un mélange de plantes nigérianes aux propriétés antioxydantes, a la cote au Nigeria : il permettrait de booster la fertilité. Ses vertus pour aider à concevoir sont scientifiquement établies. Et puis ce traitement est bon marché, accessible, à l’inverse de l’offre de la médecine moderne. “Le coût élevé des soins, la pénurie de matériel médical et l’émigration du personnel soignant ont encore fragilisé un système qui dessert environ 230 millions de personnes”, écrit Al-Jazeera.
Sauf que si le patient ne respecte pas la posologie et la durée du traitement, la Jinja Herbal Mixture peut créer des complications respiratoires. Un exemple parmi d’autres de la “pharmacie algorithmique” qui prospère au Nigeria et pèse lourdement sur les centres de santé et hôpitaux.
Élixirs de fertilité, sirop pour éliminer les maladies
Le concept, théorisé notamment par le médecin Egemba Chinonso Fidelis – alias “Aproko Doctor” sur les réseaux sociaux, où il dispense des conseils de santé –, désigne un commerce en ligne non réglementé de remèdes à base de plantes.
“Sur un écran de smartphone, le soulagement est à portée de clic : élixirs de fertilité, gouttes ophtalmiques promettant une vision retrouvée, sirops censés ‘éliminer’ les maladies. Les publicités sont soignées, convaincantes et omniprésentes, intégrées aux flux TikTok, Facebook, Instagram et X”, poursuit le média qatari.
Rien de vraiment neuf sous le soleil, selon Aproko Doctor. Les charlatans prodiguant de mauvais conseils au sujet des plantes médicinales existaient déjà. Seul changement, “le canal de commercialisation”. Le phénomène est amplifié par les algorithmes et “la faiblesse des contrôles en ligne”, note Al-Jazeera. Ainsi les récits émotionnels sur un produit miracle inondent-ils les plateformes.
Des escrocs ont même généré l’image d’Aproko Doctor par IA afin de promouvoir leurs produits. “Si mentir sur les soins de santé en ligne reste impuni, les gens continueront”, réagit le médecin.
Les différentes études citées par Al-Jazeera montrent qu’une large majorité de Nigérians est favorable au recours aux praticiens traditionnels. Mais aussi que “46 % des admissions pour maladie hépatique dans un hôpital nigérian étaient liées à la consommation de plantes ou de racines”.
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