Au Nigeria, de plus en plus d’écoliers et de parents ont peur de l’école. Longtemps cantonné dans le nord du pays, le risque de kidnappings dans les établissements s’étend désormais à d’autres parties du territoire, terrifiant des populations jusqu’ici épargnées. Depuis le 1er juin, des professeurs sont en grève et plusieurs manifestations ont eu lieu, le 2 juin, à Lagos, Abuja ou encore Ibadan, à l’appel du syndicat des professeurs nigérians. Soutenu par plusieurs autres syndicats et organisations de la société civile, le mouvement réclame la libération des élèves et des professeurs kidnappés à travers le pays et une amélioration des conditions de sécurité.
En 2014, l’enlèvement de 276 lycéennes par les combattants djihadistes de Boko Haram, à Chibok, dans le nord-est du pays, avait eu un fort retentissement international, notamment grâce à la mobilisation autour du slogan « Bring Back Our Girls » (« ramenez-nous nos filles »). Depuis, le phénomène n’a fait que prendre de l’ampleur, favorisé par l’expansion des groupes djihadistes et du banditisme.
Selon les données d’Amnesty International, publiées le 11 avril, plus de 1 100 personnes ont été enlevées depuis janvier au Nigeria, la plupart du temps contre des demandes de rançon. Le nombre d’élèves et de professeurs kidnappés depuis 2014 est, lui, estimé à plus de 2 400, selon Centre international pour le journalisme d’investigation, basé à Abuja. Le nord du pays reste le plus vulnérable – dimanche 7 juin, l’armée nigériane a annoncé la libération de 360 personnes qui avaient été enlevées dans l’Etat du Borno, dans l’extrême Nord-Est.
Il vous reste 70.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !