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Géopolitique

Au Pérou, le candidat de gauche à l’élection présidentielle, Roberto Sanchez, en tête dans un duel au coude-à-coude

Pour qu’un vainqueur soit proclamé, des procès-verbaux contestés représentant quelque 450 000 votes seront examinés, ce qui pourrait prendre plusieurs jours. La rivale de Roberto Sanchez, Keiko Fujimori, a appelé à « la patience et à la sérénité ».

Au Pérou, le candidat de gauche à l’élection présidentielle, Roberto Sanchez, en tête dans un duel au coude-à-coude
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C’est un scrutin plus que serré. Lundi 8 juin, le candidat de gauche Roberto Sanchez dépassait de peu la candidate conservatrice Keiko Fujimori alors que 95 % des bulletins du second tour de l’élection présidentielle avaient été dépouillés. M. Sanchez recueillait, en fin d’après-midi, 50,1 % des voix, contre 49,9 % pour Mme Fujimori, selon les chiffres du Bureau national des processus électoraux (ONPE).

Pour qu’un vainqueur soit proclamé, il faudra que soient examinés les procès-verbaux contestés (représentant quelque 450 000 votes), ce qui pourrait prendre plusieurs jours. « Nous sommes très confiants et optimistes », a déclaré Roberto Sanchez à des journalistes, lundi, expliquant toutefois attendre le décompte de l’intégralité des bulletins. Sa rivale, la fille de l’ancien président autocrate Alberto Fujimori, a dit « attendre jusqu’à la fin », a appelé à « la patience et à la sérénité » et promis de « respecter le résultat, quel qu’il soit ».

Compte tenu de l’insécurité qui est devenue une grande préoccupation nationale, la candidate de droite a promis de déployer l’armée en soutien à la police, de démanteler les réseaux d’extorsion et d’expulser les étrangers en situation irrégulière condamnés pour des délits. Son opposant de gauche, qui a fait campagne la tête coiffée d’un chapeau paysan offert par l’ancien président emprisonné Pedro Castillo, prône le rétablissement de la confiance dans les institutions, le renforcement de la justice et une réforme de la police.

Un pays divisé

Beaucoup d’électeurs espéraient que le scrutin permettrait de ramener une forme de concorde dans un pays marqué par une instabilité politique chronique avec huit présidents qui se sont succédé depuis 2016. Or, l’élection a une fois de plus fait apparaître la fracture entre la côte, plutôt acquise à Keiko Fujimori, et le Sud andin rural et indigène, bastion de Roberto Sanchez. Près de 27 millions de Péruviens ont été appelés aux urnes, dimanche. Le vote est obligatoire au Pérou et la journée s’est déroulée sans incident majeur, contrairement au premier tour le 12 avril, marqué par un record de 35 candidatures, des dysfonctionnements et des accusations de fraude.

Dimanche soir, plusieurs milliers de partisans des deux camps s’étaient rassemblés dans des quartiers de la capitale, agitant drapeaux et pancartes aux couleurs de leur candidat. « Nous voulons un changement parce que nous sommes fatigués de la corruption du fujimorisme, qui gère le pays comme sa propriété privée », avait confié Marlene Veramendi, une sympathisante de Roberto Sanchez âgée de 46 ans. Dans un autre quartier de Lima, les partisans de Keiko Fujimori avaient affiché le même optimisme. « Je suis heureuse parce que je sais qu’elle sera une bonne présidente », a dit Gladys Silva, femme au foyer de 56 ans.

Cette élection « traduit la division du pays (…). Quiconque l’emportera aura la moitié du pays contre lui », souligne auprès de l’Agence France-Presse (AFP) l’analyste Paulo Vilca, de l’Institut d’études péruviennes (IEP).

Deux candidats aux antipodes

Keiko Fujimori, 51 ans, brigue la présidence pour la quatrième fois de suite. Elle revendique l’héritage contrasté de son père, crédité par ses partisans d’avoir stabilisé l’économie et vaincu les guérillas des années 1980 et 1990, mais condamné pour corruption et crimes contre l’humanité. Se présentant comme la candidate de la prospérité, elle a mis en garde contre le danger du « communisme ».

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Roberto Sanchez, député et ancien ministre de 57 ans, se présente pour la première fois, porté par un fort soutien dans les régions andines. Il revendique l’héritage politique de Pedro Castillo, emprisonné depuis sa tentative avortée de dissoudre le Parlement en 2022. Roberto Sanchez a promis de le gracier s’il l’emporte et a assuré, par ailleurs, dans un entretien à l’AFP vouloir entretenir des relations « respectueuses » avec le président américain, Donald Trump. Sans que cela affecte le second tour, un juge l’a renvoyé devant la justice pour de présumées irrégularités financières au sein de son parti.

La ou le vainqueur de l’élection devra relever le défi de l’insécurité et de la crise politique persistante. Le Parlement, doté de larges pouvoirs, a contribué à la chute de plusieurs chefs de l’Etat. Aucun des deux candidats n’y disposant d’une majorité, le futur président devra donc nouer des alliances pour aller au terme de son mandat. Il ou elle prendra ses fonctions le 28 juillet.

Le Monde avec AFP

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