À l’ère de l’intelligence artificielle (IA), l’avenir professionnel des plombiers est mieux assuré que celui des développeurs informatiques. C’est en tout cas ce que pensent de plus en plus de jeunes Britanniques, rapporte le Financial Times.
En 2025, City & Guilds, l’organisme qui délivre les trois quarts des certifications dans les métiers spécialisés en Angleterre, au Pays de Galles et en Irlande du Nord, a enregistré quelque 859 jeunes professionnels venant d’achever leur formation en plomberie – soit presque deux fois plus que l’année précédente. Une augmentation spectaculaire, confirmée par ailleurs.
“Les plombiers sont devenus les figures emblématiques de la remise cause de la valeur des diplômes”, constate le quotidien britannique. En cause : à la fois le coût des études supérieures et les bouleversements promis dans de nombreux secteurs d’activité par le déploiement de l’IA. “Une dame m’a confié que, dans son quartier, parmi les parents de la classe moyenne, le sujet supplante les conversations sur le prix de l’immobilier à mesure que leurs enfants approchent de l’âge où ils doivent décider de la suite de leurs études”, explique la chroniqueuse Emma Jacobs.
L’informaticien britannique Geoffrey Hinton, le “père de l’IA”, le confirme lui-même : “Les emplois qui résisteront à l’IA sont ceux qui exigent une grande adaptabilité et de solides compétences manuelles, et la plomberie en fait partie.”
“Résistance sociale”
Aux États-Unis, selon une enquête, plus de la moitié des parents interrogés sur les professions qu’ils jugent à l’abri de l’automatisation mentionnent les plombiers, les charpentiers et les électriciens. En revanche, le métier de développeur de logiciel n’est considéré comme un métier résilient que par 18 % d’entre eux et celui de comptable par seulement 11 %.
Mais selon la même enquête, 7 % seulement des parents préféreraient pour leur enfant une formation professionnelle ou technique à des études supérieures. Et parmi les jeunes de la génération Z interrogés, 71 % considèrent que les formations professionnelles sont moins prestigieuses que les études universitaires. Comme les autres métiers manuels, le métier de plombier souffre d’une « résistance sociale », constate le journal.
Quant à l’ex-plombier Kepler Ridge, qui a laissé tomber le métier au bout de six ans pour se lancer dans une licence en informatique avant de se tourner finalement vers des études de biologie, il met en garde contre les contraintes liées à la profession. “C’était extrêmement physique. J’étais épuisé à la fin de chaque journée. Je n’avais qu’une envie : rentrer chez moi et me coucher.”
“Ma passion pour la cuisine a changé ma vie”
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