“C’est un sondage accablant” pour les travaillistes au pouvoir, tance The Independent. Une enquête menée auprès d’un millier de salariés syndiqués laisse entrevoir l’ampleur de la chute de popularité du Labour outre-Manche. Deux ans seulement après sa victoire écrasante aux législatives de 2024, le parti s’effondre de 20 points dans les intentions de vote auprès de cette catégorie de l’électorat. En parallèle, Reform UK, la formation de droite populiste dirigée par Nigel Farage, gagne 12 points. Résultat : les deux partis se trouvent à égalité parfaite, avec 28 % de voix potentielles. “Le signal d’alarme est total pour le Labour, qui entretient des liens historiques avec le mouvement syndical”, souligne le journal en ligne classé à gauche.
Onze organisations de salariés sont d’ailleurs directement affiliées au parti, dont GMB et Unite, les deux plus importantes en nombre d’adhérents. “Parmi les membres de ces syndicats, Reform battrait confortablement le parti travailliste”, décortique The Times, à l’origine de la commande du sondage, réalisé par l’institut JL Partners. À sa gauche, le Labour voit aussi les Verts gagner en popularité, à 12 % d’intentions de vote (+7 points).
Panique dans les états-majors
D’après le journal libéral, le Labour pâtirait du début de mandat chaotique de Keir Starmer, marqué par les mesures impopulaires et les rétropédalages en série, comme sur la question de la suppression de l’aide au chauffage pour la majorité des retraités annoncée quelques semaines après son arrivée à Downing Street puis finalement abandonnée. “Pour 62 % des interrogés, le Labour a perdu le contact avec les préoccupations des travailleurs”, relaie The Times dans son édition du 1er juin.
Et cette désaffection profite donc à Nigel Farage, perçu comme “celui qui en ferait le plus pour la classe ouvrière”. Le député de 62 ans, partisan d’un durcissement drastique des politiques migratoires britanniques, “est le responsable politique le plus populaire aux yeux des syndiqués et celui qui ferait selon eux le meilleur Premier ministre”. Ce grand admirateur de Margaret Thatcher, longtemps ennemie jurée du mouvement syndical, édulcore ses penchants les plus libéraux depuis quelques mois, en témoignent ses annonces en faveur de la nationalisation du secteur de l’acier et de la réouverture de mines de charbons… fermées par l’ancienne Première ministre (1979-1990). “Les résultats du sondage alarment la direction des syndicats affiliés aux travaillistes, qui ont appelé le mois dernier à la démission de Keir Starmer, glisse The Times. Désormais, plus de la moitié de leurs troupes partage cet avis.”
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