“Buuuut !”* Les bras croisés sur la poitrine, les mains glissées sous les aisselles, mon garçon de 6 ans imite la célébration de Kylian Mbappé. Avec Dex, mon mari, on est sidérés. Comment en est-on arrivés là ? Aucun de nous ne s’intéresse au foot, ni de près ni de loin. Et soutenir la France en Coupe du monde ? C’est pas possible.*

En même temps, ça devait arriver. À chaque Tournoi des Six Nations, nos garçons ont le plus grand mal à choisir leur camp : l’Irlande, où Dex et moi sommes nés et avons grandi, ou la France, leur terre d’adoption ? Souvent, William, 8 ans, préfère rester neutre, pour ne pas faire de peine à ses parents. Son petit frère, Sasha, est par nature moins soucieux de plaire. Une année, pour nous punir de l’avoir privé de dessert, il nous a annoncé qu’il espérait que l’Angleterre gagne.

Quand, en 2019, nous nous sommes installés dans le sud-ouest de la France, après douze ans à Londres, nous n’imaginions pas que nous finirions par élever de vrais petits Français. Nous avions bien des raisons de nous expatrier, à commencer par un ras-le-bol du Brexit, et la recherche d’une meilleure qualité de vie. Mais surtout, Dex et moi étions fans de tout ce qui était français.

Je suis née un 14 juillet et, quand j’étais petite, je venais en vacances l’été en France : une