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« Avec l’“affaire Etienne Klein”, les exigences d’intégrité scientifiques prennent le dessus sur la notoriété »

Dans une tribune au « Monde », le directeur de recherche au CNRS Olivier Leclerc réagit à la décision de l’université Paris Cité de retirer son doctorat au physicien en raison de la présence de nombreux passages plagiés.

« Avec l’“affaire Etienne Klein”, les exigences d’intégrité scientifiques prennent le dessus sur la notoriété »
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Début juin 2026, la section disciplinaire de l’université Paris Cité retirait à Etienne Klein son doctorat en philosophie des sciences pour cause de plagiat et lui interdisait de se réinscrire en doctorat. Ces sanctions, révélées le 11 juin par le média Arrêt sur images, sont l’épilogue de mises en cause anciennes du physicien-philosophe-vulgarisateur scientifique, chercheur au Centre d’énergie atomique. Aujourd’hui comme hier, l’intéressé admet des maladresses de citations, tout en les présentant comme excusables, et de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux relativisent les manquements à l’intégrité scientifique au nom des indéniables talents de vulgarisateur d’Etienne Klein. C’est ce point qui nous intéresse : peut-on incarner la méthode scientifique lorsqu’on dévie d’un de ses principes les plus fermes, citer ses sources ?

Depuis 2015, la charte française de déontologie des métiers de la recherche énonce que « la falsification, la fabrication de données, le plagiat sont les manquements les plus graves à l’intégrité. Ils doivent être signalés à l’institution et combattus ». Dans la discussion entre pairs, les résultats de recherche doivent pouvoir être tracés jusqu’à leurs auteurs et situés dans leur contexte de production. La chose est évidente pour les scientifiques. Pourtant, cette idée ne semble pas faire consensus en dehors des communautés scientifiques.

Premier enseignement : l’« affaire Klein » a été révélée dans un premier temps par des journalistes, et non par des scientifiques. Ceci tient peut-être au fait que les chercheurs considèrent le travail d’Etienne Klein comme de la vulgarisation plutôt que de la recherche. Mais tel n’est pas le cas de sa thèse de doctorat, qui est sans équivoque un travail de recherche soumis aux exigences de l’intégrité scientifique. Cette différence est éclairante : alors que les enquêtes des journalistes sont restées sans effet, il a fallu que la section disciplinaire de l’université Paris Cité soit saisie pour que l’affaire bascule dans un autre monde, celui de la vérification par les pairs du respect des règles de la science.

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