Les houthistes yéménites ont tiré “un barrage de missiles” contre Israël tôt dans la journée de ce lundi 8 juin, rapporte l’organe de presse du groupe armé Al-Masirah. Parallèlement, ils “annoncent l’interdiction de la navigation” pour les navires israéliens dans la mer Rouge.
Les missiles ont atteint leurs cibles “avec précision”, ajoute leur porte-parole, Yahya Saree, selon le site qatari Arabi21. Cette attaque est “une réponse à l’agression israélienne contre l’Iran, le Liban et la bande de Gaza” et a été coordonnée avec l’“axe de la résistance” formé par des milices pro-iraniennes dans la région, déclare celui-ci.
Les sirènes d’alerte ont bien retenti à Tel-Aviv, mais l’armée israélienne annonce avoir réussi à intercepter le ou les tirs houthistes, précise le journal israélien Ynet.
Alerte sur le risque d’extension de la guerre
Même si les houthistes ont “échoué à provoquer des dommages significatifs”, ils ont envoyé un “message capital”, analyse le spécialiste des affaires moyen-orientales James Dorsey sur son site personnel : “Une escalade des affrontements entre Israël d’une part, l’Iran et le Hezbollah [libanais] d’autre part pourrait s’étendre du détroit d’Ormuz vers le détroit stratégique de Bab El-Mandeb.”
Les houthistes menacent ainsi d’“augmenter significativement l’incidence de la guerre sur les pays du Golfe, les marchés mondiaux de l’énergie et le commerce international”.
Tout regain de menace contre le trafic maritime en mer Rouge inquiète notamment l’Arabie saoudite, qui a réussi jusqu’à présent à dérouter une grande partie de ses exportations de pétrole du détroit d’Ormuz vers la mer Rouge, via un oléoduc qui relie les champs pétroliers de l’est du pays vers la côte ouest.
Depuis le début de la guerre contre l’Iran, le 28 février dernier, les houthistes se sont déclarés en guerre en soutien à l’Iran, mais ont jusqu’à présent fait preuve d’une étonnante retenue, explique encore James Dorsey.
Pour des raisons économiques, ils avaient en effet intérêt à ménager l’Arabie saoudite, avec laquelle ils respectent une trêve non déclarée depuis quatre ans. Ils pouvaient ainsi se positionner “comme une option pour l’Arabie saoudite et d’autres pays du Golfe” en vue de la construction d’un oléoduc à travers le Yémen pour relier la péninsule à la haute mer sans passer par le détroit d’Ormuz.
Pourquoi les houthistes se tiennent-ils à l’écart de la guerre en Iran ?
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