Bakir et «All'Alba»: entre beats électroniques maghrébins et conscience politique universelle
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Avec All’Alba – « À l’aube » en italien – le trio franco-italo-marocain Bakir signe un premier EP à la croisée des influences gnawa et électroniques. Sept titres qui abordent frontalement les luttes et les enjeux humains contemporains – de l’exil aux combats pour la liberté. Une invitation à danser tout en questionnant le monde.
Dès les premières secondes de « Printemps », le ton est donné : « Le peuple veut abattre le despotisme ». Un slogan directement inspiré des soulèvements des Printemps arabes, notamment au Maroc en 2011.
Mais pour Bakir, il ne s’agit pas d’un regard naïf ou idéalisé sur ces mouvements. « Les médias ont utilisé l’expression "printemps arabes". Pour nous, ce n’était pas un printemps. C’était un automne, voire l’hiver », explique Hicham Id Saïd, chanteur italo-marocain du groupe.
Le morceau se veut ainsi une dédicace à toutes celles et ceux qui luttent pour leur liberté et leur existence, au-delà des frontières et des appartenances.
La mer, entre espoir et tragédie
Après la révolte, l’EP aborde une autre réalité brûlante : l’exil et la migration clandestine. Sur des rythmes dansants mêlant percussions traditionnelles et textures électroniques, Bakir explore la symbolique de la mer. Un espace ambivalent, à la fois promesse d’une vie meilleure et lieu de tous les dangers.
Dans « Mouja » (« la vague »), le groupe raconte le parcours d’une famille qui tente de rejoindre l’autre rive. Le morceau fait écho à une réalité tragique : une Méditerranée devenue frontière, où de nombreuses personnes perdent la vie en tentant la traversée. Bakir interroge ici la liberté de circuler, encore profondément marquée par les inégalités.
Entre transe, méditation et mémoire
L’EP ne se limite pas à la dénonciation. Il ménage aussi des espaces de respiration. Avec « Yamma », le trio propose un moment suspendu, à mi-chemin entre prière, méditation et intériorité.
Une pause dans un récit musical dense, où l’intime rejoint le collectif. Car derrière les rythmes dansants et la transe, All’Alba reste traversé par des thèmes forts : la perte, l’isolement, les discriminations, les injustices.
Une parole engagée, en trois langues
Bakir chante en arabe, français et italien portant une parole résolument politique. Certains titres sont particulièrement frontaux comme « Tahia Palestine ». Le morceau dénonce la situation en Palestine, mais aussi le silence et le manque de prise de position d’une partie de la communauté internationale depuis des décennies.
« Les Gazaouis ne sont pas les ennemis », une phrase qui résume l’intention du groupe : tenter de remettre de l’humanité là où dominent les logiques de confrontation.
Une résistance aussi lumineuse
Mais l’EP ne se résume pas à la colère. Il propose aussi une autre forme de résistance : plus douce, plus dansante, presque lumineuse.
Avec « Naghma » – « mélodie » en arabe – Bakir laisse place à des sonorités plus aériennes, plus apaisées. Une manière de rappeler que la musique peut aussi être un espace de mémoire, de réflexion et de reconstruction.
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Bakir All'Alba (Gros:œuvre) 2026
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